JFHOD

C.065 - Efficacité de l’association aflibercept-LV5FU2 en traitement de première ligne des cancers colorectaux métastatiques non résécables : résultats d’un essai randomisé de phase II

J.L. Legoux, R. Faroux, N. Barrière, K. Le Malicot, D. Tougeron, V. Lorgis, V. Guerin-Meyer, V. Bourgeois, D. Malka, T. Aparicio, M. Baconnier, V. Lebrun-Ly, J. Egreteau, F. Khemissa Akouz, C. Lepage, V. Boige

Introduction

De précédents essais ont montré que l’association fluoropyrimidine et anti-angiogénique de type bevacizumab est efficace et bien tolérée chez les patients âgés présentant un cancer colorectal métastatique (CCRM). Dans cet essai randomisé de phase II, nous avons évalué la tolérance et l’efficacité d’un autre anti-angiogénique, l’aflibercept, en association à la chimiothérapie par LV5FU2 chez des patients porteurs d’un CCRM non opérable et non éligibles à une chimiothérapie comportant de l’irinotécan et/ou de l’oxaliplatine. 

Patients et Methodes

Les principaux critères d’inclusion étaient un âge ≥ 65 ans et un indice de performance de grade OMS <2. La chimiothérapie de type LV5FU2 simplifié était administrée tous les 14 jours, précédée ou non d’aflibercept (4 mg/kg). L’objectif principal était le taux de survie sans progression (SSP) à 6 mois, considéré comme intéressant si > 40%. Les objectifs secondaires étaient la tolérance, la qualité de vie, la survie globale (SG) et l’impact du polymorphisme 5’UTR de la Thymidylate synthase (TS) sur la survie.

Résultats

Jusqu’en Septembre 2020, 117/118 patients (pts) ont été inclus, 59 dans le bras A (5FU-aflibercept), 58 dans le bras B (5FU seul). L’âge médian était de 81 ans (extrêmes 67-91), supérieur à 75 ans chez 81% des pts ; 61,5% étaient des hommes. Un statut RAS muté était présent chez 55/112 pts, un statut BRAF muté chez 8/112 pts. La toxicité de grade 3-4 était plus fréquente dans le bras A : au moins 1 toxicité >2 chez 82% vs 58.2% pts, hypertension grade > 2 chez 42% vs 18% pts, protéinurie (tout grade) chez 51% vs 11% pts, dysphonie (grade <3) chez 19% vs 2%, 1 perforation colique dans le bras A. La SSP à 6 mois (patient vivant et sans progression) était de 53,6% dans chacun des deux bras (IC à 90% : 41,78-65,07) ; le bras A dépassait le seuil de 40% de SSP à 6 mois, faisant considérer l’étude comme positive. Les SSP radiologiques (et sans décès) étaient similaires (7 mois). Le taux de contrôle de la maladie était de 83% (bras A) vs 87% (bras B). Les taux de SG étaient (bras A vs B) : 81,8 vs 94,6% à 6 mois, 64,8 vs 86,9 à 1 an, 58,1 vs 68,4% à 18 mois, 41,84 vs 51,1 % à 2 ans, soit en médiane 21,8 vs 25,1 mois. Une suppression du bolus de 5FU était décidée pour 29,8% pts dans le bras A vs 20%, en médiane 29 j vs 73 j après la première cure. Un report de cure pour toxicité était nécessaire pour 23,9% des cycles du bras A vs 14%. Ont reçu une ligne de traitement ultérieure : 24 pts du bras A (40,7%) vs 39 (67,24%) dans le bras B, 2 lignes ultérieures 14.0% pts vs 29.1%. Une résection secondaire des métastases a été possible pour 3 patients, dont 2 du bras A. Le polymorphisme 5’UTR de la TS (3R3R vs 2R2R ou 2R3R) n’avait pas d’impact sur la SSP ni la SG.

Discussion

Conclusion

Cet essai donne pour la première fois des informations sur l’efficacité de l’association 5FU-aflibercept chez des patients d’âge médian > 80 ans. Le bras expérimental peut être considéré comme efficace mais les 2 bras de traitement présentent des survies sans progression arithmétiquement identiques. Les patients ayant reçu de l’aflibercept semblent avoir reçu moins de 5FU bolus, de seconde et de 3ème ligne de traitement et ont présenté davantage de toxicités. Ces résultats n’incitent pas à proposer une étude de phase III comparative.

Remerciements

Financement : don de SANOFI à la FFCD