JFHOD

P.391 - Efficacité de l'optimisation du traitement par infliximab chez les patients atteints d’une maladie inflammatoire chronique de l'intestin en rechute malgré une concentration résiduelle thérapeutique

N. Bouta, A. Petitcollin, C. Brochard, M. Dewitte, L. Siproudhis, G. Bouguen

Introduction

Le dosage des anti-TNF occupe une place de plus en plus importante pour guider les décisions thérapeutiques des patients atteints d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) notamment en cas de survenue d’une perte de réponse. En cas de taux résiduel (TRI) en zone thérapeutique un changement de classe est aujourd’hui suggéré mais d’autres données soulignent la possibilité d’une relation dose-réponse. Le but de notre étude était d’évaluer la réponse à une optimisation thérapeutique de l’infliximab (IFX) en dose et/ou en intervalle chez des patients actifs malgré un  TRI > 3 mg/L.

Patients et Methodes

À partir d’une base monocentrique prospective, ont été extraits tous les patients MICI entre mars 2015 et mai 2019 traités par infliximab et ayant nécessité une optimisation du traitement. Les patients ayant un TRI > 3  mg/L et une MICI active au moment de l’optimisation ont été analysés (activité définie pour la maladie de Crohn par un indice de Harvey-Bradshaw (HB) > 4 ou une CRP > 5 mg/l ou une calprotectine fécale > 250 ug/ml ou un PDAI > 3 pour la maladie périnéale, et pour la rectocolite hémorragique par un score Mayo simplifié > 2 ou une CRP>5 mg/l ou une calprotectine fécale >250 ug/ml). Les critères de jugement étaient la rémission définie par une rémission clinique selon les scores et l’absence de positivité d'un marqueur objectif d’inflammation et la réponse par une diminution de 50 % des scores cliniques et/ou  d’un marqueur d’inflammation augmenté à l’inclusion. L’évaluation était réalisée à la première perfusion suivant l’optimisation (T1) et à la dernière date de perfusion du traitement optimisé (T2).

Résultats

Quarante-quatre patients (26 maladies de Crohn, 18 rectocolites hémorragiques) d’âge moyen de 39,5 ans (extrêmes : 16-74 ans) et de sexe ratio H/F= 0.76 ont été inclus. Les patients avaient tous une maladie active à l’inclusion avec une infliximabémie > 3 mg/L et l’absence d’anticorps anti-infliximab. Treize (29%) patients étaient en combothérapie. La majorité des patients (81%) étaient non-fumeurs. Dix patients avaient un antécédent de chirurgie. La durée moyenne d’évolution de la maladie était de 13 +/- 8,5 ans. À l’inclusion les patients présentaient un score d’Harvey-Bradshaw moyen de 3,85 ± 4,9, un score de Mayo moyen de 5 ± 2,14 et  une CRP moyenne à 17,6 ± 28,7 mg/l.

 

20 patients ont été optimisés par doublement de la dose d’IFX sans modification de l’intervalle (10 mg/kg/8 semaines), 16 patients ont eu un doublement de la dose avec rapprochement de l’intervalle, et 4 patients ont eu une réduction d’intervalle de 1 à 2 semaines. Les TRI moyens à l’inclusion étaient de 6,05 mg/L, en post induction immédiat de 11,3 mg/L et de 12,3 mg/L au terme de la période d’optimisation.

 

À T1, 34 (77%) patients avaient présenté une réponse et 21 (48 %) patients étaient en rémission. Après une durée moyenne de 50 semaines d’optimisation thérapeutique, 32 (73 %) patients présentaient une réponse incluant 24 patients répondeurs précoces à l’optimisation. Une rémission était observée chez 26 (59 %) patients. Une majorité des patients en rémission au T2 était des répondeurs précoces à l’optimisation (21/26 [81 %]). Aucun facteur pronostic de rémission après optimisation n’a été mis en évidence et en particulier le TRI à l’inclusion n'était pas prédictif de la réponse ou de la rémission après optimisation. Sur les 17 patients ayant un TRI>7 mg/L à l’inclusion, 12 (70%) étaient en rémission au terme du suivi. 

Discussion

Conclusion

Ce travail suggère qu’une optimisation de la dose administrée d’IFX chez les patients atteints d’une MICI et en perte de réponse reste nécessaire et efficace pour l’obtention d’une rémission clinique quel que soit le TRI à la rechute.

Remerciements