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CO.13 - Efficacité de l'ustekinumab sur les lésions ano-périnéales de Crohn : résultats d'une étude observationnelle française multicentrique

C. Biron, P. Seksik, M. Nachury, C. Stefanescu, A. Amiot, S. Viennot, M. Serrero, M. Fumery, M.L. Tran-Minh, L. Siproudhis, A. Buisson, G. Pineton de Chambrun, V. Abitbol, S. Nancey, L. Caillo, L. Plastaras, L. Armengol-Debeir, E. Chanteloup, N. Dib, S. Rajca, M. Amil, L. Peyrin-Biroulet, L. Vuitton

Introduction

De nouvelles options thérapeutiques sont nécessaires chez les patients atteints de maladie de Crohn avec lésions ano-périnéales (LAP) réfractaires aux anti-TNF. Jusqu’ici, aucune étude dédiée n’a évalué l’efficacité de l’ustekinumab dans cette indication. Les objectifs de notre étude étaient d’évaluer l’efficacité de l’ustekinumab sur les LAP dans une cohorte française multicentrique et de déterminer les facteurs associés au succès de la biothérapie. 

Matériels et méthodes

Nous avons mené une étude française multicentrique observationnelle (Bio-LAP) dans les centres du groupe d’étude thérapeutique des affections inflammatoires du tube digestif (GETAID). Les critères d’inclusion des patients étaient une maladie de Crohn sous ustekinumab avec, à l’initiation, une LAP active ou inactive (mais avec antécédent de drainage de suppuration datant de moins de 10 ans par rapport à l’initiation de la biothérapie). Chez les patients avec une LAP active à l’initiation, le succès de la biothérapie était défini par l’efficacité clinique à 6 mois de la biothérapie sans recours à un traitement médical (antibiotiques ou topiques locaux) ou chirurgical (drainage de suppuration, dilatation de sténose, stomie de décharge ou amputation abdomino-périnéale) de LAP. Chez les patients qui avaient une LAP inactive à l’initiation, la récidive de la maladie périnéale était définie par une poussée ano-périnéale et/ou par le recours à un traitement médical ou chirurgical de LAP. 

Résultats

21 centres français ont participé permettant d’inclure 207 patients dont 63,8% de femmes et 31% de fumeurs actifs. L’âge moyen était de 37,7 ans et l’IMC moyen de 22. A l’initiation de la biothérapie, l’ancienneté de la maladie de Crohn était de 14 ans en moyenne, 95,2% des patients avaient reçu des immunosuppresseurs, 99,1% avaient reçu au moins 1 anti-TNF et 28% avaient été traités par vedolizumab. Les patients avaient eu en moyenne 2,8 chirurgies antérieures de LAP. La durée de suivi moyenne était de 66 semaines. 56/207(27%) patients ont interrompu le traitement après un délai moyen de 363 jours. Chez les 148 patients avec une LAP active à l’initiation, dont 59,5% avec séton à l’initiation, le succès était atteint chez 56/148 (37,8%) patients. Les sétons étaient retirés avec succès chez 29/88 (33%) des patients. En analyse multivariée, le facteur favorable au succès de l’ustekinumab était l’absence d’optimisation de la biothérapie (OR 2.52; IC 95%: 1.15-5.56; p 0.01). L’association à un traitement concomitant à l’initiation de la biothérapie (antibiotique ou immunosuppresseur) et le nombre d'anti-TNF antérieurs ou d'autres biothérapies antérieures n’étaient pas des facteurs associés au succès de la biothérapie. Parmi les 59 patients avec une LAP inactive à l’initiation suivis 86 semaines en moyenne, 13/59(22%) ont présenté une récidive de la maladie périnéale sous 25 semaines en moyenne et 8/59(13,6%) patients ont reçu un traitement médical et/ou chirurgical à visée ano-périnéale.

Discussion

Conclusion

L’ustekinumab semble être une option thérapeutique encourageante chez les malades de Crohn avec LAP réfractaires. Ces résultats, et la place de l’ustekinumab par rapport aux autres biothérapies dans la stratégie thérapeutique, doivent être confirmés par des analyses prospectives ultérieures.

Remerciements