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C.112 - Efficacité des traitements systémiques par inhibiteurs de tyrosine kinase et chimiothérapie à base de platine chez les patients atteints d’hépato-cholangiocarcinomes non résécables

E. Gigante, C. Hobeika, B. Le Bail, V. Paradis, D. Tougeron, M. Lequoy, M. Bouattour, J.F. Blanc, N. Ganne-Carrié, C. Hollande, M. Allaire, G. Amaddeo, L. Elkrief, G. Verset, E. Trepo, A. Zaanan, M. Ziol, M. Ningarhari, J. Calderaro, J. Edeline, J.C. Nault

Introduction

L’hépato-cholangiocarcinome est caractérisé histologiquement par la présence dans la même tumeur d'un carcinome hépatocellulaire (CHC) et d'un cholangiocarcinome intrahépatique (iCCA). Aucun traitement systémique n’est validé chez les patients avec un hépatocholangiocarcinome non résécable et le sorafenib ou une chimiothérapie à base de de platine sont utilisés en pratique clinique. Notre étude a pour but de décrire l’efficacité des traitements systémiques de première ligne chez les patients avec hépatocholangiocarcinome.

Patients et Methodes

Les patients avec hépatocholangiocarcinome non résécable/métastatique avec un diagnostic histologique confirmé par une relecture centralisée (classification OMS 2018) et ayant reçus un traitement systémique de 2009 à 2020 ont été inclus rétrospectivement dans 11 centres hospitaliers. Des patients atteints de CHC traités par sorafenib (n=225) et des patients atteints de iCCA (n=94) traités par sels de platine ont été utilisés comme groupes comparateurs. La survie des malades avec hepatocholangiocarcinomes, iCCA et CHC ont été comparées à l’aide d’un modèle de fragilité de Cox. L’efficacité du traitement par sorafenib versus platine chez les malades avec hepatocholangiocarcinomes a été évalué à l’aide d’analyses double robuste (association d’un modèle d’exposition à une régression multivariée).

Résultats

Au total, 83 patients avec hépatocholangiocarcinomes ont été inclus. Les patients étaient majoritairement des hommes (72 %) avec une cirrhose sous-jacente (55%). 47% des patients consommaient de l’alcool, 20,5% et 20,3% des patients avaient une hépatite C et B chronique respectivement et 45% des patients avaient un syndrome métabolique. 67% des patients avaient des métastases extrahépatiques et 31% une invasion tumorale macrovasculaire.

Comparés aux iCCA (n=94) et aux CHC (n=225), les hépatocholangiocarcinomes (n=83) étaient plus souvent développés sur cirrhose (55%) que les iCCA (27%) mais moins fréquemment que les CHC (88%) (P<0.001). Il y avait moins d’homme chez les patients avec CCA (64%) que pour les CHC (83%) et hépatocholangiocarcinome (72%)(P=0.01). Les hépatocholangiocarcinomes (66%) et les CHC (30%) avaient moins fréquemment des métastases extrahépatiques que les iCCA (81%)(P<0.001). La survie globale brute était meilleure chez les CCA (13 mois) par rapport au hépatocholangiocarcinomes (12 mois) et au CHC (9 mois) (p=0,017). La survie sans progression était plus longue pour les iCCA (6 mois) par rapport aux hépatocholangiocarcinomes (4 mois) et aux CHC (3 mois) (p=0,002). En analyse multivarié après ajustement par un modèle de fragilité de Cox, les malades avec hépatocholangiocarcinome tendaient à avoir un pronostic défavorable mais ceci de façon non significative (HR : 1.5 ; IC95% : 0.98,2.3 ; p=0.063). Dans le groupe hépatocholangiocarcinome, 24 patients ont été traités par inhibiteurs de tyrosine kinase (principalement du sorafenib) et 55 patients par une chimiothérapie à base de platine, 4 patients étaient traités par autres chimiothérapies. Les patients traités par inhibiteurs de tyrosine kinase avaient une survie globale médiane de 7,28 mois contre 12,1 mois pour les patients traités par sels platine (p=0,76)(Fig.1). Après un ajustement double robuste sur le nombre, la taille et l’envahissement vasculaire de(s) lésion(s), sur la biologie (score albumine/bilirubine (ALBI) et MELD) et sur la présence d’une cirrhose, le type de traitement n’avait aucune influence, ni sur la survie globale (HR=0.92, IC95%=0.27-3.15, P=0.88), ni sur la survie sans progression (HR=1.24, IC95%=0.44-3.49, P=0.67). Le score ALBI était indépendamment associé à la survie globale (HR=3.4, IC95%=1.40-8.62, P=0.01). 

Discussion

Conclusion

Les traitements systémiques par inhibiteurs de tyrosine kinase ou chimiothérapie à base de platine en première ligne ont une efficacité similaire chez les patients atteints d’hépatocholangiocarcinomes non résécables/métastatiques. Le score ALBI est associé au pronostic de ces malades.

Remerciements

Paris Liver Cancer Group