JFHOD

CO.10 - Efficacité du vedolizumab sur les lésions ano-périnéales de Crohn : résultats d'une étude observationnelle française multicentrique

C. Biron, P. Seksik, M. Nachury, S. Nancey, C. Stefanescu, M. Serrero, L. Armengol-Debeir, C. Allimant, M.L. Tran-Minh, C. Zallot, M. Fumery, G. Bouguen, V. Abitbol, S. Viennot, E. Chanteloup, S. Rajca, N. Dib, L. Peyrin-Biroulet, L. Vuitton

Introduction

De nouvelles options thérapeutiques sont nécessaires chez les patients atteints de maladie de Crohn avec lésions ano-périnéales (LAP) réfractaires aux anti-TNF. Jusqu’ici, aucune étude dédiée n’a évalué l’efficacité du vedolizumab dans cette indication. Les objectifs de notre étude étaient d’évaluer l’efficacité du vedolizumab sur les LAP dans une cohorte française multicentrique et de déterminer les facteurs associés au succès de la biothérapie. 

Matériels et méthodes

Nous avons mené une étude française multicentrique observationnelle (Bio-LAP) dans les centres du groupe d’étude thérapeutique des affections inflammatoires du tube digestif (GETAID). Les critères d’inclusion des patients étaient une maladie de Crohn sous vedolizumab avec, à l’initiation, une LAP active ou inactive (mais avec antécédent de drainage de suppuration datant de moins de 10 ans par rapport à l’initiation de la biothérapie). Chez les patients avec une LAP active à l’initiation, le succès de la biothérapie était défini par l’efficacité clinique à 6 mois de traitement sans recours à un traitement médical (antibiotiques ou topiques locaux) ou chirurgical (drainage de suppuration, dilatation de sténose, stomie de décharge ou amputation abdomino-périnéale) de LAP. Chez les patients qui avaient une LAP inactive à l’initiation, la récidive de la maladie périnéale était définie par une poussée ano-périnéale et/ou par le recours à un traitement médical ou chirurgical de LAP. 

Résultats

17 centres français ont participé permettant d’inclure 151 patients dont 67,5% de femmes et 27% de fumeurs actifs. L’âge moyen était de 39,5 ans et l’IMC moyen de 22,4. A l’initiation de la biothérapie, l’ancienneté de la maladie de Crohn était de 15 ans en moyenne, 94,7% des patients avaient reçu des immunosuppresseurs, 98,7% avaient reçu au moins 1 anti-TNF et 6,6% avaient été traités par ustekinumab.  Les patients avaient eu en moyenne 2,4 chirurgies antérieures de LAP. La durée de suivi moyenne était de 86 semaines et 98/151(65%) patients ont interrompu le traitement après un délai moyen de 284 jours. Chez les 102 patients avec une LAP active à l’initiation dont 59,8% avec séton à l’initiation, le succès était atteint chez 23/102 (22,5%) patients. Les sétons étaient retirés avec succès chez 9/61(15%) des patients. En analyse multivariée, le facteur favorable au succès du vedolizumab était l’absence d’antibiotique à l’initiation de la biothérapie (OR: 4.12; IC 95%: 1.06-15.98; p 0.02) et le nombre ≥ 3 d’anti-TNF antérieurs ou d'autres biothérapies antérieures était un facteur défavorable au succès du vedolizumab (OR: 0.13; IC 95%: 0.02-1.09; p 0.01). L’association à un immunosuppresseur concomitant à l'initiation et l’optimisation de la biothérapie n’étaient pas des facteurs associés au succès de la biothérapie. 

Parmi les 49 patients avec une LAP inactive à l’initiation suivis 131 semaines en moyenne, 15/49(30,6%) patients ont présenté une récidive de la maladie périnéale sous 26 semaines en moyenne et 11/49(22,4%) patients ont reçu un traitement médical et/ou chirurgical à visée ano-périnéale. 

Discussion

Conclusion

Le succès modéré et les récidives de la maladie périnéale sous vedolizumab dans la maladie de Crohn soulèvent la question de l’efficacité des anti-intégrines sur le canal anal. Ces résultats doivent être confirmés par des analyses prospectives ultérieures.

Remerciements