JFHOD

P.325 - Efficacité et innocuité du traitement de l’infection virale C par anti-viraux directs chez les patients âgés

H. Byoussef, M. Hafi, M. Serghini, N. Ben Mustapha, A. Labidi, M. Fekih, J. Boubaker

Introduction

La prévalence de l’infection virale C augmente avec l’âge, toutefois on note souvent une réticence des praticiens à traiter le VHC chez ces patients malgré l’efficacité des antiviraux directs (AVD). Le but de notre étude est d’évaluer la réponse au traitement chez les sujets âgés ainsi que leur innocuité.

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective qui a colligé tous les patients atteints d’infection virale C qui ont été traités suivant le plan national d’éradication de l’hépatite C entre janvier 2016 et janvier 2019. Ont été exclus les patients qui ont arrêté le suivi après la mise sous traitement. Les molécules disponibles en Tunisie sont : Le Sofosbuvir, l’association Ledipasvir/Sofosbuvir et la Ribavirine. Le bilan pré-thérapeutique a recensé les comorbidités ainsi que les co-médications et a inclus une endoscopie haute, un test non invasif d’évaluation de la fibrose, un bilan hépatique complet, la recherche de manifestation extra-hépatiques, une évaluation de la fonction rénale. Une charge virale avec une détermination systématique du génotype et des sérologies VHB et VIH ont également été demandés ainsi qu’un bilan métabolique.

Les patients ont été par la suite revus à la consultation pour un contrôle biologique (glycémie, bilan hépatique et une NFS) et un contrôle clinique à la recherche d’une mauvaise observance ou tolérance. Une PCR a été effectuée à S4, S12 sous traitement puis à S12 après sa fin.

Résultats

Sur les 83 patients colligés, 36 patients ont été retenus d’après la définition de l’OMS (Âge >65 ans).  L’âge moyen était de 72.92 ans [65-91] avec un sex Ratio de 1,73 F pour 1 H. Parmi les comorbidités relevées, 9 patients (25%) avaient un diabète, 13,9% des patients était traités par anti-diabétiques oraux et 22.2% étaient traités par insuline. Les anti-hypertenseurs étaient prescrit dans 33.3% des cas.Une fibrose F3/F4 a été trouvée chez 50 % des patients, 13 patients (36,1%) avaient une cirrhose compensée. Des signes endoscopiques d’hypertension portale ont été trouvé chez 10 patients (27.8%) et 5 patients (13,9%) ont déjà présenté une décompensation odémato-ascitique. Ces patients ont été classés CHILD A dans 42.7% des cas et CHILD B dans 8% des cas. Le génotype 1b était le plus fréquent, retrouvé dans 83.3% des cas, 13.9% des patients présentaient un génotype 2 et 1 patient avait le génotype 4. Le traitement proposé était soit le Ledipasvir/Sofosbuvir prescrit chez 18 patients (50%) soit l’association Ledipasvir/Sofosbuvir/Ribavirine proposé chez 13 patients (36,1%) soit l’association Sofosbuvir –Ribavirine proposée chez 4 patients (11,1%). La réponse virale soutenue a été retrouvé chez 95,2% des patients. Durant le suivi aucun effet indésirable n’a été rapporté chez 20 patients (64.51%), d’autres ont présenté une asthénie (16,2%), une anémie a été retrouvé chez 2 patients (6,4%), une altération de la fonction rénale conduisant à l’arrêt du traitement a été retrouvé chez 2 patients (6,4%).

En analyse univariée il n’a pas été trouvé de relation significative entre une réponse virale soutenue et le sexe (p=0,168) la cirrhose(p=0,168), le degré de la fibrose(p=0,405), le génotype (p=0,071), l’association à des manifestations extra-hépatiques (p=0,845), le diabète (p=0,762), ou un traitement antiviral antérieur (p=0,487). Toutefois une relation significative a été trouvé entre le développement d’effets indésirables et la présence de signes d’hypertension portale à l’endoscopie digestive haute (p=0,0001), les antécédents de décompensation oedémato-ascitque(p=0,0001) et le CHILD du patient (p=0,023).

Discussion

Conclusion

Dans notre étude, la prescription d’AVD a été efficace et a permis une éradication du virus dans 95% des cas. Un tiers des patients ont présenté des effets indésirables (principalement l’anémie) mais uniquement 6% des malades ont du arrêter leur traitement. La sévérité de la cirrhose était un facteur prédictif significatif, incitant à plus de vigilance chez les malades cirrhotiques âgés.

Remerciements