JFHOD

CO.90 - Efficacité et tolérance d'un anti-calcineurine en association au vedolizumab en traitement de la rectocolite hémorragique réfractaire aux traitements conventionnels

G. Pellet, C. Stefanescu, F. Carbonnel, L. Peyrin-Biroulet, X. Roblin, C. Allimant, M. Nachury, S. Nancey, J. Filippi, R. Altwegg, H. Brixi, G. Fotsing, S. Shili, D. Laharie

Introduction

Le védolizumab est un traitement de la rectocolite hémorragique (RCH) modérée à sévère dont l’usage en France est restreint aux patients en échec ou intolérant aux anti-TNF. Son délai d'action étant progressif, il ne peut s'envisager en monothérapie chez les patients souffrant d'une RCH active cortico-résistante. La combinaison d’un traitement d’induction par un anti-calcineurine (ciclosporine ou tacrolimus) à un traitement d’entretien par le védolizumab n’a jamais été étudiée. L'objectif de cette étude était d'évaluer l'efficacité et la tolérance d’une telle stratégie.

Patients et Methodes

Nous avons mené une étude de cohorte multicentrique rétrospective au sein des centres français du GETAID. Entre Décembre 2014 et Mai 2017, tous les patients ayant une RCH active cortico-résistante et recevant un traitement d'induction par anti-calcineurine en association à un traitement d'entretien par védolizumab ont été inclus. La date d'inclusion correspondait au jour de la première perfusion de védolizumab. Les critères de jugement étaient i) la survie sans colectomie ; ii) la survie sans interruption du védolizumab ; iii) les taux de réponse et de rémission clinique définis selon le Mayo score partiel aux semaines 6 et 14 ; iv) les facteurs associés à la survie sans colectomie ; v) la sécurité d'emploi.

Résultats

Trente-neuf patients (23 F, âge médian : 31,5 ans) ont été étudiés au sein de 12 centres : 31 (79 %) avaient une colite aiguë grave définie selon les critères de Truelove et Witts et 8 (21 %) une poussée non sévère.  Les traitements avant l’inclusion étaient des immunosuppresseurs conventionnels chez 34 (87 %) patients et au moins un anti-TNF chez 36 (92 %) ; 15 (38 %) patients avaient reçus deux anti-TNF et 2 (5 %) en avaient reçu 3. Trente- sept malades (95 %) ont reçu de la ciclosporine et 2 (5 %) ont reçu du tacrolimus.

L’intervalle médian entre le début de l’anti-calcineurine et celui du védolizumab était de 6 jours. Après un suivi médian de 11 mois, 11 patients ont été colectomisés (28 %). La probabilité de survie sans colectomie à 1 an était de 68 % (IC 95 % : 53 % - 84 %). Au cours du suivi, le védolizumab a été interrompu chez 19 malades (49 %) : pour échec chez 18 malades et pour intolérance (syndrome dépressif) chez une. La probabilité de survie sans interruption du védolizumab à 1 an était de 44 % (IC 95 % : 27 % - 61 %). Les taux de réponse et de rémission clinique étaient respectivement de 64 % et 46 % à la semaine 6 et de 56 % et 38 % à la semaine 14. En analyse multivariée, les facteurs associés à la colectomie étaient le sexe féminin, l’âge élevé, la présence d’immunosuppresseur conventionnel à l’inclusion et le taux d’hémoglobine.  Il n'y a eu aucun décès durant le suivi. Onze patients (28 %) ont eu des effets indésirables, dont 4 étaient graves (3 insuffisances rénales, et une infection à Campylobacter).

Discussion

Conclusion

L’association entre un anti-calcineurine et le védolizumab permet d’éviter la colectomie chez deux tiers des malades ayant une RCH active cortico-résistante, qu’elle qu’en soit la sévérité, sans surcroit d’effet indésirable. 

Remerciements