JFHOD

P.538 - Efficacité et tolérance en vraie-vie du tofacitinib chez les patients atteints de rectocolite hémorragique réfractaire

L. Lair-Mehiri, C. Stefanescu, T. Vaysse, D. Laharie, X. Roblin, I. Rosa, X. Treton, V. Abitbol, A. Amiot, G. Bouguen, N. Dib, M. Fumery, B. Pariente, F. Carbonnel, L. Peyrin-Biroulet, M. Simon, S. Viennot, Y. Bouhnik

Introduction

Les essais OCTAVE de phase III ont confirmé l'efficacité du tofacitinib, inhibiteur de Janus kinase (JAK), administré par voie orale versus placebo en traitement d'induction et d’entretien de la rectocolite hémorragique (RCH) modérée à sévère. Avant d'obtenir l’autorisation de mise sur le marché, le tofacitinib a pu être proposé à des patients sous forme d’autorisation temporaire d’utilisation (ATU) ou en délivrance exceptionnelle. Le but de notre étude était d’évaluer les premiers résultats en vraie vie du tofacitinib chez les patients atteints de RCH réfractaire (réponse inadéquate, perte de réponse ou intolérance aux corticoïdes, immunosuppresseurs, anti-TNF et autres biologiques).

Patients et Methodes

De décembre 2016 à août 2018, tous les patients atteints de RCH active traités en France par tofacitinib en induction (10 mg deux fois par jour) ont été recensés pour réaliser une étude observationnelle, rétrospective, multicentrique. Le critère de jugement principal était la survie sans colectomie à la semaine 24. Les critères secondaires étaient la survie sans arrêt de traitement et la rémission clinique sans corticoïdes à la semaine 24. L'activité de la maladie a été évaluée par le score Mayo partiel. La rémission était définie par un score Mayo total ≤ 2 sans aucun sous-score > 1, et la réponse clinique était définie par la diminution du score Mayo ≥ 3 points et ≥ 30% par rapport à l'inclusion et diminution du sous-score saignement rectal ≥ 1 ou sous-score absolu ≤ 1. Le suivi a été effectué pendant 48 semaines. Les analyses de survie ont été effectuées selon la méthode de Kaplan-Meier.

Résultats

Parmi les 37 patients inclus, la maladie était pancolique dans 23 (62 %) cas, et le score Mayo total médian de 9 (intervalle de 4 à 11) à l’inclusion. 37 (100 %) patients avaient été en échec à au moins un anti-TNF, 26 (70 %) à deux anti-TNF ou plus et 36 (97 %) avaient été en échec au vedolizumab. Avec un suivi médian de 24 semaines, la survie globale sans colectomie était de 77 % (n = 26) ; la survie sans arrêt du traitement était de 62,6 % (n = 25) à la semaine 24 et de 58,2 % (n = 9) à la semaine 48. A la semaine 24, une réponse clinique a été observée chez 15 (41 %) patients, dont 12 (32 %) étaient en rémission clinique sans corticoïdes. Des effets indésirables (EI) sont survenus chez 10 (27 %) patients, dont 5 (13,5 %) étaient graves, correspondant à des infections, et 3 (8,1 %) étaient des infections à type de zona. Aucun décès n’a été rapporté.

Discussion

Conclusion

Dans cette population de patients atteints de RCH modérée à sévère réfractaire à l’ensemble des traitements disponibles, le tofacitinib a permis la rémission complète sans corticoïde chez un tiers des patients à la semaine 24, et d'éviter la colectomie à 6 mois dans plus de 75% des cas. Les données de tolérance de cette étude n’ont pas montré d’événement indésirable inattendu au regard de ceux connus dans les études pivots sur le tofacitinib.

Remerciements