JFHOD

CO.126 - Elaboration d’un score pronostique chez les malades ayant un obstacle biliaire néoplasique

A. Drouet d'Aubigny, M. Cariou, F. Cholet, J. Jézéquel, R. Arnachellum, J.R. Risson, T. Hébert, M. Nonent, M. Robaszkiewicz, J.B. Nousbaum

Introduction

Les drainages biliaires endoscopiques et percutanés sont les deux méthodes mini-invasives utilisées pour traiter les obstructions biliaires néoplasiques inopérables. Ils concernent des malades dont le pronostic est souvent péjoratif. La survie de ces malades à moyen terme après drainage est peu documentée dans la littérature. Il est nécessaire d’évaluer les facteurs pronostiques et la pertinence du drainage biliaire. Les buts de cette étude étaient: a) de déterminer les facteurs cliniques et biologiques associés à la survie; b) d’établir un score pronostique permettant de guider la prise en charge.

Patients et Methodes

Tous les patients ayant eu un drainage biliaire entre le 1er avril 2014 et le 31 août 2018 pour obstruction biliaire néoplasique inopérable ont été inclus. Les données cliniques et biologiques ont été recueillies de manière retrospective. Les variables continues des concentrations biologiques ont été catégorisées à l’aide de courbes ROC. Les courbes de survie ont été estimées selon la méthode de Kaplan-Meier et comparées à l’aide du test du log-rank.

Résultats

262 patients ont été inclus, d’âge moyen 73 ans. L’obstruction biliaire était due à un cancer primitif chez 203 patients (77,5%), à des métastases chez 59 patients (22,5%). 373 interventions ont été réalisées avec une moyenne de 1,23 procédures par patient : 244 drainages endoscopiques, 127 drainages percutanés et 2 procédures combinées. La morbidité intra-hospitalière était de 18,2%. Le taux global de complications n’était pas différent entre les techniques endoscopiques et radiologiques (respectivement 17,6% et 18,9%). La nature des complications était significativement différente entre les deux types de procédures, le sepsis étant plus fréquent lors de drainage percutané (15,7% vs 6,1%; p=0,002), la pancréatite n’étant survenue qu’en cas de drainage endoscopique (4,9% vs 0%; p=0,01). La médiane de survie était de 4,8 mois et la mortalité à 30 jours de 14%. Six variables étaient associées de façon indépendante à un pronostic défavorable : le performans status, la nature métastatique de l’obstacle, la présence de métastases hépatiques, la perte de poids > 5% en 3 mois, l’albuminémie ≤ 24g/L, la bilirubinémie ≥ 186µmol/L. Un score pronostique a été calculé à partir de ces 6 variables. La médiane de survie était de 7,5 mois chez les patients ayant un pronostic favorable avec un score ≤ 2 et de 2,5 mois chez les patients ayant un pronostic défavorable avec un score > 2 (p < 0.001).

Discussion

Conclusion

Notre étude a permis d’identifier 6 variables clinico-biologiques indépendantes associées à un mauvais pronostic chez les patients adressés pour le drainage d’un obstacle biliaire néoplasique inopérable. Un score pronostique a été établi à partir de ces 6 variables. Un score > 2 était associé à une survie de 2,5 mois. Ce score nécessite d’être validé de façon indépendante. Il pourrait s’avérer utile lors de réunions multidisciplinaires pour décider d’un drainage biliaire en fonction du bénéfice attendu pour le patient et des risques inhérents aux techniques de drainage.

Remerciements