JFHOD

P.145 - En dehors des épisodes aigus, faut-il prendre en compte les troubles digestifs des patients insuffisants surrénaliens ?

L. Quénéhervé, E. Coron, D. Drui, J. Blin, D. Masson, K. Bach-Ngohou

Introduction

L’insuffisance surrénale (IS) aiguë s’accompagne fréquemment de troubles digestifs (vomissements/diarrhées, douleurs abdominales), mais ceux-ci sont peu décrits en dehors des crises chez les patients insuffisants surrénaliens. L’objectif de ce travail, soutenu par l’ « Association Surrénales », était de caractériser et quantifier ces troubles par le questionnaire de Rome IV utilisé pour le diagnostic du syndrome de l’intestin irritable (SII), pathologie également associée à une perturbation de l’axe corticotrope.

Patients et Methodes

Un questionnaire en ligne a été proposé aux patients adhérant à l’ « Association Surrénales », de juin à octobre 2017, via leur site internet. Outre les données démographiques, les questions portaient d’une part sur l’insuffisance surrénalienne (âge au diagnostic, étiologie, traitement en cours), d’autre part sur l’existence de troubles digestif avec notamment les questions du questionnaire de Rome IV traduites en français (échelle de Bristol, caractéristiques des douleurs abdominales éventuelles) et enfin sur la qualité de vie. 

Résultats

Les réponses de 165 patients (maladie d’Addison (n=74), hyperplasie congénitale des surrénales (n=56), insuffisance hypophysaire (n=35)) ont été analysées. La répartition des pathologies était représentative de celle des adhérents de l’association. De 39% à 54% des patients, selon la pathologie, rapportaient des douleurs abdominales hebdomadaires durant les 3 derniers mois. Ces douleurs étaient associées chez 38 à 68% des patients à des troubles du transit : diarrhée et/ou constipation. Une mauvaise qualité de vie globale était rapportée par 24 à 44% des patients ayant répondu.

Discussion

Conclusion

Cette étude est la première à notre connaissance à s’intéresser spécifiquement aux troubles digestifs hors insuffisance surrénalienne aiguë des patients atteints d’IS. Elle montre que les troublesdigestifs sont fréquents et invalidants pour les IS chroniques et s’apparentent dans 50% des cas à ceux des patients atteints de SII. Il semble nécessaire d’intégrer la dimension digestive aux questionnaires de qualité de vie des IS.

Remerciements