JFHOD

CO.064 - Epidémiologie clinique des maladies inflammatoires au Liban

A. Abourached, J. Sanyour, R. Al Bacha, J. Bou Jaoude

Introduction

Les pays occidentaux ont été historiquement considérés comme ayant une prévalence élevée de maladies inflammatoires cryptogénétique intestinale (MICI), alors que le Moyen-Orient  a connu une incidence plus faible de MICI, mais Les tendances récentes ont montré une augmentation significative de l'incidence, ceci serait probablement lié à une «occidentalisation» accrue de ces pays. Malgré les récentes données sur l'augmentation de l'incidence des MICI dans les pays arabes, les données sur les caractéristiques des patients atteints de MICI et l'évolution de la maladie sont très limitées. Au Liban très peu de données épidémiologiques sur les MICI et absence des données sur la localisation et l’évolution de la maladie. Le but de cette étude est de revoir  les données disponibles relatives aux MICI en se basant sur les comptes rendus anatomopathologiques et ceci afin de déterminer le nombre de cas diagnostiqués par an, l’âge, le sexe ainsi que la localisation de la maladie et sa progression.

Patients et Methodes

Une revue de tous les comptes rendus anatomopathologiques de tous les malades diagnostiqués comme ayant une MICI sur une période de 12 ans est effectuée ainsi qu’une revue des renseignements clinique et endoscopique disponible. Ceci a été réalisé à l’institut national de pathologie. Les données cliniques analysées comprenaient le type de MICI,  l’âge, le sexe, le nombre de cas diagnostiqués par ans, la localisation de chacune des MICI ainsi que la progression de la  maladie avec le temps.

Résultats

Sur une période de 12ans (1/1/2006 – 31/12/2017) un total de 1834 patients diagnostiqués ayant une MICI  ont été inclus, chez 915 patients le diagnostic de recto colite ulcero hémorragique (RCUH ) a été pose et chez  919 le diagnostic de maladie de Crohn (M.  Le sexe ratio (H/F) était de 1.04 et de 1.23 chez les patients  ayant une RCUH et MC respectivement, l’âge moyen était de 39.24 (DS : 16.24) et 41.67 (DS : 18.68) en cas de  RCUH et MC respectivement. Un âge  de diagnostic de RCUH <15ans, entre 16 – 30 ans, entre 31-45 ans, entre 46-60 ans et >60 ans était notées chez 4.6%, 29.5%, 26.3%, 21.8% et 17.8% des patients respectivement. Alors que les malades ayant une MC et selon la classification de Montréal étaient  classés A1 : 5.8%, A2 : 51.6% et A3 :42.6% .une nette augmentation progressive des cas diagnostiqués de MC et de RCUH est notée sur cette période de 12 ans (nombre de nouveaux cas de MC : 2006 – 2009:162 patients, 2010- 2013: 314 patients, 2014-2017: 443 patients). Nombre de nouveau cas de RCUH : 2006—2009 : 219, 2010-2013 : 343, 2014-2017 : 358. Concernant la localisation de la maladie et selon la classification de Montréal 54.4%, 29.1%, 10.2% et 6.3% des patients ayant une MC étaient  L1, L2, L3 et L4 respectivement, alors que les patients ayant une RCUH 26%, 19% et 55% étaient E1, E2 et E3 respectivement selon la classification de Montréal. On notait une stabilité de la maladie dans 59% des cas, une progression dans 28% et une régression dans 13% des cas chez les malades ayant une RCUH.

Discussion

Conclusion

D’après ces données épidémiologiques une augmentation progressive de l’incidence des MICI est notée sur cette période de 12ans, une prédominance masculine est démontrée, l’atteinte iléale serait la prédominante dans la MC alors que celle  dépassant l’angle splénique était présente dans plus de  la moitié des cas de RCUH et dans le quart des cas cette maladie progresse.

Remerciements