JFHOD

CO.094 - Epidémiologie et facteurs de risques de bactériémie et de fongémie après transplantation hépatique

T. Gerster

Introduction

Les bacteriemies et fongemies constituent des causes majeures de morbidite et de mortalite chez les patients transplantes hepatiques. Cette etude cas-temoins mono-centrique a pour but, d’etudier l’epidemiologie, d’identifier des facteurs de risques, et d’evaluer l’impact de ces infections 

Patients et Methodes

Nous avons analyse retrospectivement les donnees cliniques de 207 patients transplantes hepatiques, et hospitalises dans notre centre entre le 1er Juin 1995 et le 1er Avril 2019 (69 cas et 138 temoins). 

Résultats

Les 69 cas ont presente un total de 151 episodes de bacteriemies et 7 episodes de fongemies. Le delai median de survenue du premier episode etait de 48 jours. Les bacteries a Gram Positif (GP) ont ete isolees dans 44,9%, et les bacteries Gram Negatif (GN) ont ete isolees dans 50,6% de ces episodes. L’epidemiologie microbiologique et clinique variait en fonction du delai de survenue des bacteriemies et fongemies. Au cours du premier mois, les bacteriemies a Cocci Gram Positifs etaient predominantes (66,7%), en lien avec une frequence elevee d’infections de voies d’abord (21,7%). Apres ce premier mois, les bacteriemies a Bacilles Gram Negatif etaient majoritaires (57,6%), en lien avec une frequence elevee de complications hepatobiliaires (61,6%). La complication post-greffe la plus frequente etait la stenose biliaire, car survenue au moins une fois chez 32,9% des patients. Les facteurs de risques de bacteriemies et de fongemies significatifs independants etaient les suivants : survenue d’au moins un episode de fuite biliaire post-greffe (OR = 3,86 ; IC 1,51-9,92), re-transplantation (OR 9,62 ; IC 1,47-62,63). Les facteurs protecteurs de bacteriemies et de fongemies significatifs independants etaient les suivants: taux de prothrombine >50 % avant la greffe (OR 0,22 ; IC 0,08-0,57), ascite non refractaire avant la greffe (OR 0,22 ; IC 0,07-0,71). Le sejour moyen en reanimation en post-greffe etait significativement plus long chez les cas (13,6 jours) que chez les temoins (9,4 jours) (p = 0,0271). Le sejour moyen total post-greffe etait egalement significativement plus long chez les cas (43 jours) que chez les temoins (28,1 jours) (p = 0,0001). Les taux de survie des deux groupes ne presentaient pas de difference significative (p = 0,8708). 

Discussion

Conclusion

Cette etude a permis d’identifier l’epidemiologie microbiologique et clinique, mais aussi les facteurs de risques des bacteriemies et fongemies chez les patients greffes hepatiques. Elle permettra d’amener une possible reflexion sur nos pratiques anti-infectieuses locales. 

Remerciements