JFHOD

CO0 - Essai de phase III comparant une chimiothérapie par 5-FU + Steptozotocine à une immunothérapie par interferon alpha2-a recombinant dans le traitement des tumeurs carcinoides métastatiques avancées (FNCLCC-FFCD 9710).

Dahan Laetitia, Dahan L, Mitry Emmanuel, Bonnetain F, Raoul Jean-Luc, Gamelin E, Etienne PL, Cadiot Guillaume, Smith Denis, Ricard F, Rougier Philippe, Seitz Jean-François
Introduction

Les métastases des tumeurs carcinoides sont rarement résécables (17 % dans une enquête nationale récente de la FFCD (1) ). L'association 5FU-Streptozotocine est le protocole de chimiothérapie le plus utilisé dans les formes non résécables avec des taux de réponse compris entre 16 % et 33 %. L'interferon alpha donne peu de réponse objective mais des réponses biologiques parfois très prolongées. La seule étude randomisée ayant comparé les deux traitements a porté sur deux groupes de 10 patients (2).
 

Patients et Méthodes

Le but de cet essai randomisé multicentrique de phase III était de comparer l'interferon à une association 5FU-Streptozocine et de montrer une amélioration de 25 % de la survie sans progression à un an sous interferon. Les objectifs secondaires étaient la survie globale à 1 et 2 ans, le taux de réponses tumorales objectives, la réponse biologique à 3 mois, la qualité de vie, les symptômes et l'état général. Durant 3 ans, 120 patients devaient être inclus pour observer les 38 progressions requises (α = 5 % ; β = 20 %). Des patients atteints de tumeurs carcinoides métastatiques en progression clinique, biologique, ou radiologique, OMS 0-2, d'age < 75 ans ont été randomisés entre interferon alpha 2 recombinant (3MU 3 fois par semaine) et une association de 5-FU (400 mg/m2/j de J1 à J5) et de Streptozotocine (500 mg/m2/j de J1 à J5) toutes les 6 semaines. Les patients étaient stratifiés selon le centre, l'OMS et les traitements antérieurs reçus. L'analyse était réalisée en intention de traiter.
 

Résultats

De février 1998 à juin 2004, 64 patients ont été inclus dans 23 centres, 32 dans le bras chimiothérapie et 32 dans le bras interferon (IFN). Les deux groupes étaient équilibrés pour l'age, l'OMS, et les traitements antérieurs reçus. Le nombre médian de cycle de chimiothérapie était de 5 contre 4 dans le bras IFN. Les toxicités grade III et IV ont été notées chez 34 % des patients sous chimiothérapie et 25 % sous IFN (NS), comportant asthénie (9 % / 9 %), nausée et vomissement (12 % / 6 %), diarrhée (6 % / 6 %), anémie (6 % / 3 %), thrombopénie (3 % : 0 %), neutropénie (0 % / 3 %) ; les toxicités hématologiques tous grade étaient plus fréquentes sous IFN (63 % vs 31 % ; p = 0,003). Le contrôle des symptômes carcinoïdes (diarrhée, flush) était similaire dans les deux bras. Avec un suivi médian de 26 mois, la survie globale était de 44,3 mois dans le bras IFN contre 30,4 mois dans le bras chimiothérapie (p = 0,83). Les survies à 1 et 2 ans étaient respectivement de 89 % et 70 % pour l'IFN contre 81 % et 70 % pour la chimiothérapie. La survie sans progression était de 14,1 mois dans le bras IFN contre 5,5 mois dans le bras chimiothérapie (p = 0,34).
 

Conclusion

Chez les patients traités par interferon alpha, la survie globale et la survie sans progression paraissent allongées par rapport au groupe traité par 5FU-streptozotocine, mais les différences ne sont pas significatives. Ces résultats négatifs pourraient s'expliquer par un manque de puissance de l'étude. Le contrôle des symptômes et la tolérance des deux traitements est similaire. Il n'y a pas de différence significative de toxicité grade III et IV même s'il y a plus de toxicité hématologique tous grades dans le bras interferon.