JFHOD

P.140 - Etude comparative anatomo-clinique entre les cas de maladie cœliaque diagnostiqués en routine et ceux diagnostiqués lors d’un dépistage familial

F. Lounes, Y. Chikhi, S. Cheraitia, R. Ouldgougam, W. Kouihal, S. Zemmouchi, M. Lahcene

Introduction

La maladie cœliaque (MC)  se caractérise par sa forte prévalence à 1%, l’absence de spécificité des symptômes, des complications à long terme et sa progression épidémiologique.

L'objectif de notre etude est de comparer la présentation anatomo-clinique et évolutive des patients avec maladie cœliaque diagnostiqués lors du dépistage familial avec celle des malades cœliaques diagnostiqués en routine (cas index).

Patients et Methodes

Etude transversale descriptive prospective, dans notre étude nous avons comparé deux populations de MC, 107 cas de MC qui ont été diagnostiqués en routine et leurs apparentés de 1er degré diagnostiqués porteurs de MC dans le cadre d’une étude de dépistage sérologique (44 cas). Le diagnostic de MC est posé selon les critères de l’ACG 2013.Nous avons analysé les données démographiques, la symptomatologie clinique et le délai diagnostic, les données de l’investigation biologique, les données de l’endoscopie œsogastroduodénale (EOGD) et de l’histopathologie, les comorbidités et complications, la compliance et de la réponse au régime sans gluten (RSG).

L’étude statistique des données recueillies a été réalisé grâce au Logiciel SPSS version 21.0 ; le test du c2, test exact de Fisher, l’estimation de Monté Carlo, test ANOVA (Test de Fisher Snedicor) , le calcul du coefficient de corrélation.

Résultats

Age moyen des cas index et son IC à 95% est de 32,5ans [30,6 – 34,4] ans et celui des cas dépistés est de  31,8 ans IC 95% [27,2-36,4]. L’âge moyen des patients ne diffère pas de manière significative (p= 0,768). Sex ratio des cas Index M/F est de 0,43, celui des cas dépistés est de  0,33, Il n’y a pas de différence de répartition du sexe (p =0,544). La durée d’évolution moyenne avant le diagnostic et son IC 95% est respectivement de 7,0 ans [5,6 – 8,4] et 3,4 ans [2,8 – 4,0] chez les cas diagnostiqués en routine et les cas dépistés. Ce delai moyen avant le diagnostic est significativement moins longue chez les cas dépistés (p = 0,002). L’étude comparative de la symptomatologie des cas index et dépistés montre que : La fréquence des patients asymptomatiques est plus élevée chez les cas dépistés (p=0,001). La fréquence des patients présentant une diarrhée, une fatigabilité, un amaigrissement est plus élevée chez les cas index avec une différence significative (p< 10-3). L’analyse des données de l’investigation biologique objective une anémie qui est présente chez 80% des cas index contre 65% des cas dépistés. La fréquence des patients présentant une hypoalbuminémie diffère entre les deux groupes (p=0,021) : 20% pour les index contre 7% pour les dépistés. Les formes classiques représentent 48% chez les cas index contre 2,3% pour les cas dépistés. En revanche, les formes atypiques représentent 86% des cas dépistés et 52% des cas index. On ne retrouve aucun cas asymptomatique dans le groupe index alors que 11,4% des cas dépistés sont asymptomatiques. Les données de l’endoscopie digestive haute, en particulier au niveau du duodénum entre les cas index et les cas dépistés, ne montre pas de différence de répartition des lésions bulbaires, ni des lésions duodénales entre les deux groupes (p=0,627) et (p=0,300). L’étude histopathologique montre qu’il n’y a  aucun cas de lésions classées Marsh I dans le groupe index versus 12,5% dans le groupe dépistés. Par contre. Pour le stade IIIc, 15% des cas index contre 7% des cas dépistés. Il y a une répartition différente des stades de Marsh entre les deux groupes (p=0,019). La comparaison entre les deux groupes ne montre pas de différence significative d’association à une pathologie autoimmune. Les néoplasies malignes compliquent la MC chez 3.7% des cas index et 2% des cas dépistés. On a eu plus de complications infectieuses spécifiques et non spécifiques chez les cas index (9 % vs 5%). L’étude comparative des résultats de l’osteodensitométrie ne retrouve pas de différence de la fréquence des troubles de minéralisation osseuse entre les deux groupes (p= 0,089). La compliance au RSG diffère de manière significative entre les deux groupes (p=0,006). Les cas index respectent mieux le RSG par rapport aux cas dépistés. Par conséquent, l’amélioration est meilleure chez les cas index par rapport aux dépistés. Pour la réponse sur le plan de la symptomatologie clinique et du bilan biologique, il y a une nette amélioration pour les 2 groupes à 1 an de RSG. La réponse histologique sous RSG des 2 groupes est similaire : elle est de 76% versus 76,5% chez les dépistés.

Discussion

Conclusion

L’étude comparative entre les deux groupes de patients (les cas diagnostiqués en routine et leurs apparentés de 1er degré dépistés avec MC), montre une amélioration du diagnostic chez les cas dépistés avec MC. En effet, le retard dans le diagnostic est réduit de moitié et les formes asymptomatiques et atypiques sont diagnostiquées de manière plus précoce, ce qui permet de réduire le taux de morbidité et de mortalité chez les apparentés de 1er degré.

Remerciements