JFHOD

C.001 - Etude de pratique écologique en salle d’endoscopie et recueil de données écolo-endoscopiques par questionnaire

L. Heroin, P. Mayer, M. Bordet, J. Jacques, R. Legros, O. Gronier, T. Wallenhorst, J. Rivory, M. Pioche

Introduction

L’écologie est une problématique actuelle qui s’étend à tous les domaines du quotidien et du travail, et notamment l’endoscopie digestive. Une étude anglaise récente a montré que leur système de santé national est responsable de 5,4 % des émissions carbones du Royaume Uni, avec l’endoscopie comme 3e pollueur avec 3,09 kg de déchets/patient/j[1]. Les 3 principales façons de limiter son impact carbone sont résumées par les 3R : réduire, réutiliser, recycler. Ainsi, pour limiter les déchets dans un service d’endoscopie, plusieurs stratégies peuvent être envisagées : s’assurer que les examens sont indiqués et réalisés dans les bons délais, limiter le poids des déchets (clips rechargeables, prothèses de faible poids) et le gaspillage de matériel, filtrer l’eau pour éviter l’utilisation d’eau en bouteilles pour le test et le rinçage des endoscopes, recycler les cartons avant l’entrée du matériel en salle, et grouper les procédures.

Matériels et méthodes

Nous avons réalisé une étude de pratique dans le service d’endoscopie de l’hôpital Edouard Herriot de Lyon. Premièrement, nous avons analysé de façon rétrospective l’indication des nasofibroscopies et des coloscopies de dépistage sur une semaine d’endoscopie classique.  Par ailleurs, nous avons pesé les déchets des salles d’endoscopie. Enfin, nous avons envoyé par mail un questionnaire électronique à des endoscopistes concernant l’écologie au travail et en endoscopie.

Résultats

Sur une semaine de nasofibroscopies (47 examens), il y a eu 4 échecs, 41 examens indiqués (87,2%), et 6 examens non-indiqués (12,7%, épigastralgies répondant aux IPP sans critères d’inquiétude ou alternative diagnostique). Concernant les coloscopies de dépistage non thérapeutiques réalisées sur la semaine (43 gestes), 41 étaient indiquées (95,3%) et 2 non-indiquées (4,7%, réalisées trop tôt).

Concernant le poids des déchets, il était diminué en cas de regroupement des procédures de dissection sous-muqueuse : 4080 g de déchets en cas de dissection seule sur la journée contre 10 981 grammes pour 4 dissections dans la même journée soit 2245 g par procédure. Nous avons également constaté qu’en cas d’utilisation de multiples clips, les clips rechargeables entraînaient moins de déchets avec un poids de la pince rechargeable de 78 g avec 4 g pour chaque clip contre 86 g pour chaque clip non rechargeable.

Le questionnaire envoyé en ligne a été rempli par 30 gastro-entérologues (recueil en cours), venant de toute la France. Il y avait 10% d’internes, 23,3% de CCA/Assistants, 23,3% de PH, 23,3% de libéraux, 20% de PU-PH. La moyenne de sensibilisation à l’écologie était de 8/10. 76,7% des participants habitent à moins de 10 km de leur travail. La majorité d’entre eux prennent la voiture pour aller au travail malgré tout (70%) mais 53,5% le vélo, électrique ou non.  56,7% ont des circuits de recyclage déjà en place dans leur établissement, et 13,3% ne savent pas s’il y en a un. 93,3% des participants souhaitent un recyclage initial hors des salles d’endoscopie. 86,7% serait intéressés par des protocoles de recherche médico-écologiques. Le meilleur compromis en termes de prix et d’écologie apparait être le plus important concernant le choix d’un matériel. 63,3% des participants disposent d’un système de filtration de l’eau. Les clips rechargeables sont très peu utilisés puisque 96,7% utilisent des clips standards. Les prothèses avec largage pistolet sont utilisées par seulement 13% des cathétériseurs. Le fait qu’elles entraînent un poids de déchets important pousserait 86,7% des participants à poser des prothèses à point fixe. 83,3% pensent que les endoscopes jetables sont moins écologiques que les endoscopes réutilisables. 70% des participants ne repasseront pas à la dilatation à la bougie malgré un poids de déchet moindre lié à la procédure. 63,3% pensent que les avantages de l’apprentissage des techniques endoscopiques sur cochons vivants sacrifiés ne sont pas suffisants pour le justifier. 83,3% seraient intéressés par la création d’une commission de développement durable à la SFED.

Discussion

Conclusion

Ces résultats sont intéressants car ce sont les premiers à mettre en lumière le fonctionnement en termes de déchets d’un service d’endoscopie expert d’un point de vue écologique. De plus, ils mettent en lumière l’intérêt grandissant des praticiens de santé à la cause écologiques et les pistes de développement.

Remerciements