JFHOD

P.509 - Etude d’efficacité des thiopurines en monothérapie pour obtenir une cicatrisation muqueuse endoscopique et histologique chez les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin traité

M. Reymond, L. Blayac, C. Allimant, M. Dapoigny, B. Pereira, G. Bommelaer, A. Buisson

Introduction

A l’ère des biothérapies, l’efficacité des thiopurines en monothérapie est remise en question chez les patients atteints de maladies inflammatoire chroniques de l’intestin (MICI) notamment quant à leur capacité à obtenir une cicatrisation muqueuse.

L’objectif de notre étude était d’étudier le taux de cicatrisation muqueuse endoscopique (CME) et de cicatrisation muqueuse histologique (CMH) chez les patients atteints de MICI traités par thiopurines en monothérapie.

Patients et Methodes

A l’aide d’une base de données de patients atteints de MICI ayant eu une endoscopie basse (coloscopie totale ou partielle et recto-sigmoïdoscopie) entre janvier 2012 et juin 2018, nous avons identifié de manière rétrospective tous les patients atteints de MICI ayant eu une évaluation de l’activité endoscopique de leur maladie alors qu’ils étaient traités par azathioprine en monothérapie dans notre centre.

Les thiopurines étaient prescrits à la dose de 2 à 2,5 mg/kg pour l’azathioprine et 1 à 1,5 mg/kg pour la 6-mecaptopurine par voie orale en une prise par jour. Toutefois, la posologie pouvait être adaptée en fonction du taux de 6-TGN (objectif entre 240 et 400) ou en raison d’une mauvaise tolérance. La CME était définie comme un score endoscopique Mayo ≤ 1 pour la rectocolite hémorragique (RCH) et l’absence d’ulcération pour la maladie de Crohn (MC). La CMH était définie comme un indice de Nancy ≤ 1 pour la RCH et comme l’absence de signes histologiques d’activité (infiltration par des polynucléaires neutrophiles) pour la MC.

Les facteurs associés à la CME ou la CMH ont été identifiés en analyse univariée en utilisant les tests adaptés puis ont été confirmés par analyse multivariée (modèle de régression logistique). Pour les critères quantitatifs des courbes ROC ont été réalisées pour définir les meilleurs seuils.

Résultats

Parmi les 517 patients atteints de MICI ayant eu au moins une endoscopie digestive (1099 endoscopies au total), 146 patients ont été inclus dont 67 RCH et 79 MC. Leurs caractéristiques sont décrites Tableau 1. Le taux de CME était de 53,2 % pour les patients atteints de MC après une durée médiane de traitement de 31,5 mois [6 – 73,8]. En analyse multivariée, seules l’absence d’activité clinique (CDAI < 150) (OR = 0.28 [0.08 - 0.94] ; p = 0.039) et une CRP < 7,5 g/L (OR = 0,09 [0,01 – 0,58] ; p = 0.011) étaient associée à la CME. Le taux de CMH dans la MC était de 38.3%. En analyse multivariée, seule la présence d’une CME était associée à la CMH (OR = 83,2 [5,8 – 1192,9] ; p = 0,001).

Le taux de CME était de 49,3 % dans la RCH, après une durée médiane de traitement de 20 mois [6,0 – 73,7]. En analyse multivariée, seules l’absence d’activité clinique (SCCAI < 2) (OR = 0,08 [0,01 - 0,4] ; p = 0,003) et une endoscopie réalisée après le 8ème mois de traitement (OR = 8,2 [1,4 - 49,4] ; p = 0,021) étaient associée à la CME. Le taux de CMH était de 28,9 % dans la RCH. En analyse multivariée, seule la présence d’une CME était associée à la CMH (OR = 24,4 [1,01 – 67,1] ; p = 0,05).

Discussion

Conclusion

Dans notre étude, les thiopurines prescrits en traitement de maintenance et lorsqu'elles étaient tolérés,  permettaient d'obtenir une CME chez environ la moitié des patients et une CMH chez environ un tiers des patients atteints de MICI.  Compte-tenu de leur délai d’action, l’évaluation endoscopique devrait être réalisée au plus tôt 9 mois après le début des traitements.

Remerciements