JFHOD

P.053 - Etude OBELIX : échogénicité pancréatique en échoendoscopie et syndrome métabolique

A.M. Marion-Audibert, L. Palazzo, F. Fumex, L. Wander

Introduction

Le syndrome métabolique se définit par la présence d’au moins deux des cinq critères suivants : périmètre abdominal > 94 cm chez l’homme, 80 cm chez la femme, taux élevé de triglycérides, taux faible de HDL cholestérol, HTA et hyperglycémie.

Le syndrome métabolique peut être responsable d’une stéatose hépatique échographique dans 20 à 40% des cas selon la population étudiée (surpoids versus obésité).

A ce jour, aucune étude n’a évalué l’impact de ce syndrome sur l’échogénicité pancréatique. L’objectif principal était d’étudier l’échogénécité pancréatique en échoendoscopie en fonction de la présence des items constituant le syndrome métabolique.

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude prospective multicentrique (5 centres). Tout patient devant bénéficier d’une échoendoscopie haute était consécutivement inclus. La présence d’une pancréatite et/ou d’un syndrome tumoral pancréatique était un facteur d’exclusion.

Tous les films d’échoendoscopie pancréatique étaient lus en aveugle de façon centralisée par des experts. Trois catégories d’échogénicité pancréatique étaient définies : échogénicité pancréatique excellente, moyenne et mauvaise. Les critères permettant de définir la catégorie étaient fonction de la visibilité : du canal de Wirsung, des contours de la glande et de l’aspect brillant ou non du parenchyme pancréatique. Le caractère homogène ou hétérogène de l’échogénicité pancréatique était également étudié.

La concordance interobservateur a été validée par une étude préliminaire.

La présence d’un ou plusieurs facteurs du syndrome métabolique était corrélée à la catégorie d’échogénicité pancréatique définie par les experts (excellente, moyenne, mauvaise). Les tests statistiques utilisés ont été le test de Fisher et le test de Wilcoxon.

Résultats

97 patients ont été inclus (50 hommes/47 femmes). L’âge médian de la population était de 65 ans (extrêmes : 23-89). L’indication de l’échoendoscopie pancréatique était principalement la présence d’une TIPMP dans 35% des cas et/ou la recherche de complication biliaire dans 21% des cas.

25,8% de la population était tabagique et 30,9% avait une consommation régulière de vin > 5 verres par semaine. L’IMC médian était de 25,6 (extrêmes : 18,7-37,8).

 

L’échogénicité pancréatique était considérée comme excellente dans 16,5% des cas, moyenne dans 33% des cas, mauvaise dans 37,1% des cas. La classe restait indéterminée entre échogénicité pancréatique moyenne à mauvaise dans 13,4% des cas.

 

Les facteurs métaboliques influençant le type d’échogénicité pancréatique étaient de façon significative : la présence d’une stéatose hépatique (p=1.53 10-7), un IMC > 25 (p=4,37 10-6) et l’augmentation du périmètre abdominal (p=5,57 10-6).

La présence d’une dyslipidémie, d’un diabète, d’une hypertension artérielle, d’une hypothyroidie ou un antécédent de goutte n’avait pas d’influence sur l’échogénicité pancréatique.

L’aspect hyperéchogène du parenchyme pancréatique était homogène dans 75% des cas et hétérogène dans 25% des cas.

Discussion

Conclusion

Il s’agit de la première étude évaluant l’impact du syndrome métabolique sur l’échogénicité pancréatique évaluée par échoendoscopie haute.

 

La présence d’un syndrome métabolique peut être responsable d’un aspect hyperéchogène du parenchyme pancréatique probablement stéatosique dans plus de un tiers des cas

La présence d’une stéatose hépatique, d’un IMC > 25 et d’une augmentation du périmètre abdominal sont des facteurs prédictifs de pancréas « gras ».

 

Remerciements