JFHOD

CO0 - Etude phénotypique et génotypique des patients porteurs d'une mutation du gène MYH dans le cadre d'une polypose multiple colorectale, et comparaison aux patients sans mutation.

Saurin Jean-Christophe, Graber Y, Pinson S, Moussata Driffa, Gelas-Dore B, Barthélémy P, Pelletier M, Pillon D, Moindrot H, Nallet B, Lapalus MG, Leroux D, Prieur F
But

L'entité «polypose multiple (PM)» est définie par la présence de multiples (1-100) adénomes colorectaux en dehors de la polypose adénomateuse familiale. Plusieurs études ont montré qu'une petite fraction de ces PM (8 %) relevait d'un contexte génétique lié au gène APC ou aux gènes de réparation de l'ADN. Nous avons voulu caractériser le phénotype, le génotype, et le contexte épidémiologique, actuellement très mal connus, de ces PM.
 

Patients et Méthodes

Cent cinquante patients consécutifs présentant (ou ayant présenté) au moins 3 polypes adénomateux ou festonnés colorectaux synchrones confirmés histologiquement ont été inclus dans une étude prospective multicentrique en Rhône-Alpes. Les patients présentant une polypose adénomateuse familiale ou un syndrome HNPCC connus étaient exclus. L'étude incluait une endoscopie standardisée (coloscopie, indigo-carmin, duodénoscopie), un questionnaire épidémiologique, une enquête génétique et une recherche génétique. Nous rapportons les résultats génétiques et cliniques des 53 premiers patients caractérisés sur le plan génétique.
 

Résultats

Les 53 patients (âge moyen 63 ans, extr. 41 - 81) présentaient en moyenne 6 (extr 1-21) adénomes. La recherche d'une mutation du gène APC était négative chez les 20 premiers patients testés. En revanche, une mutation du gène MYH était présente chez 27/53 (51 %) patients. La mutation était hétérozygote chez 23 et homozygote chez 4. Seuls 2 patients (1 mutation MYH, 1 sans mutation) présentaient une polypose diffuse (définie par la présence d'au moins 10 polypes après coloration à l'indigo-carmin du côlon droit et/ou du sigmoïde). Aucun des 4 patients porteurs d'au moins 2 mutations MYH ne présentait un phénotype évoquant une polypose adénomateuse familiale. Le nombre moyen d'adénomes n'était pas plus élevé en cas de mutation MYH qu'en son absence. Une histoire familiale d'adénomes ou de cancer colorectal (présence chez un apparenté au 1 degré et/ou sur 2 générations) était présente dans 35 % versus 58 % et dans 26 % versus 50 %, respectivement, des familles sans mutation MYH versus celles avec mutation MYH.
 

Conclusion

Cette étude phénotypique et génotypique des patients présentant une PM révèle une fréquence extrêmement élevée des mutations MYH, et nous permet de décrire avec une grande précision le phénotype de ces patients homo- ou hétérozygote. Ce phénotype apparaît beaucoup moins floride que les études rétrospectives probablement sélectionnées ne le laissaient supposer. En revanche, l'histoire familiale néoplasique semble plus lourde dans les familles avec mutation du gène MYH.