JFHOD

S27 - Etude prospective de l’évolution de la fibrose et des lésions de la stéatohépatite (inflammation, ballonisation) des patients obèses atteints de NASH après chirurgie bariatrique

Lassailly Guillaume, Caiazzo Robert, Buob David, Arnalsteen Laurent, Louvet Alexandre, Leteurtre Emmanuelle, Colin Marie, Dharancy Sébastien, Hollebecque Antoine, Canva-Delcambre Valérie, Deltenre Pierre, Pattou François, Mathurin Philippe
Introduction

L'effet bénéfique de la chirurgie bariatrique a été démontré chez les patients ayant une stéatose, mais son impact reste mal connu sur les lésions nécrotico-inflammatoires de la NASH. Aucune étude prospective avec une évaluation systématique n'a été réalisée dans ce contexte. Le but de cette étude prospective a été d'évaluer l'évolution des lésions histologiques, après chirurgie bariatrique, de tous les patients présentant une stéatohépatite (NAS ≥ 3).

Matériels et Méthodes

890 obèses, opérés par chirurgie bariatrique, dont 261 avec une NASH (NAS ≥ 3) ont été inclus de manière prospective avec une évaluation histologique systématique avant la chirurgie, 1 an et 5 ans après l'intervention. En plus des données histologiques, le recueil des données cliniques (BMI, diabète, HTA etc) et biologiques (profil métabolique, l'index d'insulinorésistance (IR = 1/QUICKI) ) a été réalisé. Ce travail évalue les facteurs prédictifs de NASH avant la chirurgie et se concentre sur l'évolution des patients présentant une NASH (NAS≥3).

Résultats

1/ A l'inclusion, les patients avec une NASH (NAS ≥ 3, n = 261) sont significativement différents de ceux sans NASH (NAS < 3, n = 629) en terme : d'âge (43 vs 40, p = 0.0006), fibrose (0.8 vs 0.3, p<0.0001), ballonisation (0.6 vs 0.02, p< 0.0001), inflammation (0.8 vs 0.1, p<0.0001), stéatose (61 vs 21%, p<0.0001), IR (3.3 vs 3.1, p<0.0001) et ALT (43 vs 31, p<0.0001). Le BMI est similaire dans les deux groupes. L'analyse ciblée sur les patients avec NAS ≥ 3 révèle que ceux ayant une NASH certaine (NAS ≥ 5, n = 61) présentent plus d'inflammation (1.5 vs 0.6), de ballonisation (1.4 vs 0.3), de fibrose (1.6 vs 0.5), et des taux plus élevées d'ALT (41 vs 28) et d'IR (3.6 vs 3.2). En analyse multivariée, l'insulinorésistance apparaît comme un facteur prédictif de NASH, de ballonisation, d'inflammation et de fibrose (p < 0,005).

2/ Evolution post opératoire des NAS ≥ 3 : Les valeurs biologiques et histologiques suivantes s'améliorent significativement à 1 an : ALT (43 à 23 IU/l, p<0.0001), IR (3.3 à 2.9, p<0.0001), fibrose (0.9 à 0.75, p = 0.01), ballonisation (0.7 à 0.2, p<0.0001), inflammation (0.8 à 0.4, p<0.0001), et la stéatose (66 à 24%, p<0.0001). Une analyse de sensibilité sur les patients avec un NAS ≥ 5 montre une amélioration significativement plus marquée (p < 0,001 pour toutes les comparaisons) que pour les NAS≥3. Entre 0 et 5 ans, le pourcentage de patients avec NASH diminue significativement de 28,2% à 14,9%, (p<0,05). Cette amélioration se produit essentiellement au cours de la première année, sans modification significative entre 1 et 5 ans. Les patients sans amélioration de leur NASH ont un profil d'insulinorésistance similaire à ceux n'ayant plus de NASH à 5 ans (2.93 vs 2.98), alors que la persistance de la stéatose est associée à un profil d'insulinorésistance à 5 ans. Ce résultat confirme l'implication d'autres mécanismes, en plus de l'insulinorésistance, dans la pathogénie de la NASH.

Conclusion

Chez les patients avec NASH, les lésions nécrotico-inflammatoires et de fibrose de la NASH s'améliorent après chirurgie bariatrique. Bien que l'insulinorésistance soit associée à la présence de lésions nécrotico-inflammatoires et de la fibrose, l'évolution à long terme semble faire intervenir d'autres mécanismes.