JFHOD

CO.03 - Etude prospective observationnelle multicentrique des hémorragies digestives hautes en centres hospitaliers généraux en 2017-2018, résultats à 6 mois

V. Quentin, A.J. Rémy, G. Macaigne, R. Leblanc-Boubchir, C. Koudougou, M. Prieto, L. Tsakiris, D. Grasset, D. Cuen, K. Elriz, J. Verlynde, M.P. Ripault, M. Baconnier, S. Herrmann, R.L. Vitte, J.P. Arpurt, K. Bideau, F. Skinazi, Y.H. Lam, L. Costes, A. Pelaquier, P. Lahmek, S. Nahon

Introduction

Depuis l’étude française sur les hémorragies digestives hautes de 2005 (1) de nombreuses évolutions sont apparues avec l’arrivée des anticoagulants oraux directs, la plus large diffusion des techniques d’hémostase, la publication de nouvelles recommandations et la généralisation des astreintes d’endoscopie de territoire. Ce travail présente les résultats, après 6 mois d’inclusion, d’une nouvelle étude observationnelle qui a pour but d’en décrire l’épidémiologie, les facteurs de risque, la prise en charge et l’adhésion aux recommandations. Les résultats seront actualisés avec l’effectif complet au moment de la présentation.

Patients et Methodes

Il s’agissait d’une étude prospective observationnelle multicentrique présentée en CPP et monitorée par une unité de recherche clinique. Du 01/11/2017 au 31/10/2018 tout patient présentant une hématémèse, un melena ou une anémie aigue avec présence de sang dans l’estomac, survenant en dehors ou au cours d’une hospitalisation, était incluable. Les items étudiés étaient les données clinico-biologiques du patient, de l’endoscopie, le suivi évolutif immédiat et à 6 semaines. Le recueil était effectué dans chaque centre par chaque investigateur via un CRF électronique. L’analyse statistique a été réalisée sur le logiciel SPPS.

Résultats

45 centres hospitaliers généraux ont participé à cette étude et inclus 1500 patients sur les 6 premiers mois, les 900 premiers dossiers complets ont été analysés. La répartition était de 607 hommes et 293 femmes (67,4%-32,6%), âgés en moyenne de 67,8 ans (21-98 ans). Une cirrhose était présente chez 21,7% des patients. Une prise d’aspirine était relevée chez 27,9% des patients, d’anti-agrégant chez 12,3%. Un traitement anticoagulant oral était suivi par 18,9% des patients (anti-vitamine K 55,9%, anti-coagulants directs 41,7%).

Il s’agissait d’hémorragies non hospitalières dans 75,8% des cas, 9,7% des patients étaient en état de choc. L’endoscopie était réalisée chez 98,2% des patients, dans les 24 heures dans 85,9% des cas, majoritairement sans anesthésie générale (70,2%) et avec une aide endoscopiste (89,7%). Elle était décrite comme anormale dans 89,9% des cas, avec pour cause la plus probable de l’hémorragie une maladie ulcéreuse dans 45% des cas, une hypertension portale dans 20%, une oesophagite dans 11%, une néoplasie 5%, un syndrome de Mallory-Weiss 5% et une anomalie vasculaire 4% (autres causes 10%, données manquantes 66). Un saignement actif était présent dans 26,8 % des cas. Un geste d’hémostase était alors pratiqué dans 74,2% des procédures, permettant l’arrêt du saignement dans 67,7% des cas. Il s’agissait principalement dans ces cas d’injection de sérum adrénaliné (46,8%), de pose de clips (38,6%) et de ligatures (28,5%), traitement combiné dans 28% des procédures. Une récidive survenait dans 10,2% des cas dans un délai moyen de 5,5 jours (0-40), plus fréquemment lors des hémorragies intra-hospitalières (17% vs 8,1%, p<0,0001, OR=2,3 [1,4-3,6]). La durée d’hospitalisation médiane post-endoscopie était de 7 jours (écart type 10,3). Un recours à la chirurgie avait lieu dans 3% des cas, à la radiologie interventionnelle dans 2%. Le taux de mortalité globale hospitalière était de 7,7%, celui des patients avec une hémorragie communautaire de 5,3%, celui des patients présentant une hémorragie intra-hospitalière de 15,1% (p<0,0001, OR=3,19 [1,9-5,2]). A 6 semaines, ce taux était de 12,6% (9,3% pour les patients communautaires, 22,9% pour les patients avec hémorragie intra hospitalière (p<0,0001, OR=[1,9-4,3]). Dans ces 2 populations (hémorragies communautaires vs hospitalières), le score de comorbidité de Charlson médian était respectivement de 2 (écart type 2,43) et 3 (écart type 2,57) (p<0,0001), les scores de Child Pugh et de Meld n’étaient pas différents. Le score de Blatchford médian était respectivement de 10 (écart type 4,5) et de 12 (écart type 4) (p<0,0001). Le score de Rockall était respectivement de 4,32 +/- 0,086 et de 5,13 +/- 0,132 (p<0,02). 

Discussion

Conclusion

Dans cette étude intermédiaire sur près de 1000 patients présentant une hémorragie digestive haute, un quart concernait des patients en cours d’hospitalisation pour un autre motif, la maladie ulcéreuse représentait la principale cause. Il existait des taux de récidive, de mortalité initiale et à 6 semaines significativement plus élevés pour les hémorragies intra-hospitalières. Cela semblait en lien essentiellement avec des comorbidités plus importantes.

Remerciements

Financement par la bourse FARE/SNFGE

Remerciements : Mme Marie-Cécile HERVE (Unité de recherche clinique)