JFHOD

CO.058 - Evaluation de l’association de la PIPAC (Pressurized IntraPeritoneal Aerosol Chemotherapy) dans la prise en charge de la carcinose péritonéale isolée d’origine gastrique non résécable comparée à la chimiothérapie seule

T. Rabel, A. Lintis, N. Laplace, M. Chauvenet, P. Artru, J. Desrame, B. You, C. de la Fouchardière, F. Desseigne, M. Alyami, L. Villeneuve, O. Glehen, P.E. Bonnot

Introduction

Malgré les progrès des traitements systémiques, les cancers gastriques métastatiques gardent un pronostic très sombre et notamment en cas de carcinose péritonéale (CP) avec des médianes de survie estimées entre 10 à 17 mois. En cas de CP étendue et non résécable, l’instauration de séance de PIPAC (Pressurized IntraPeritoneal Aerosol Chemotherapy) en alternance avec deux cures de chimiothérapie systémique (CS) tend à se développer. De récentes études dans les carcinoses gastriques (CG) ont montré des résultats prometteurs. Néanmoins, ces études ont comporté des séries très limitées de patients, et aucune n’a comparé cette stratégie au traitement de référence que représente la CS seule. Nous avons donc évalué le bénéficie de l’association de la PIPAC (Cisplatine 7,5 mg/m2 et Doxorubicine 1,5 mg/m2) à la CS dans la prise en charge de la CG isolée non résécable par rapport à la CS seule.

Patients et Methodes

De Janvier 2014 à Janvier 2019 sont inclus les patients traités pour une CP non résécable d’origine gastrique par CS seule ou par l’association PIPAC-CS quelques soit le protocole de CS dans trois centres à Lyon. Les critères d’exclusion étaient la présence de métastases extrapéritonéales ou un état général ne permettant aucun traitement systémique. Le critère de jugement principal était la survie globale, calculée à partir du diagnostic de CP. L’évaluation de la survie sans progression péritonéale ou extrapéritonéale et le contrôle à long terme des symptômes de CP (ascite, douleurs abdominales, occlusion ou dénutrition) représentaient les critères secondaires. La morbi-mortalité spécifique à la PIPAC a également été évaluée. La réponse au traitement était évaluée selon les standards de surveillance avec la réponse scanographique, les marqueurs tumoraux et la réponse clinique. Au cours du suivi, si la réponse péritonéale permettait une résécabilité potentielle, il était alors proposé la réalisation d’une cytoréduction complète avec CHIP (CRS-CHIP).

Résultats

Sur une population de 283 patients, 91 patients traités par PIPAC (346 procédures) associée à une CS ont été comparés à 87 patients traités par CS seule pour une CG non résécable. Les groupes sont homogènes hormis un score ECOG plus faible (p=0,020) et une ascite plus fréquente (p=0,012) dans le groupe PIPAC-CS. Les groupes étaient similaires en termes d’âge  (médiane de 55 ans); de CP synchrone (85%) et de la présence d’adénocarcinomes à cellules indépendantes (82%). Le PCI médian était de 16 dans les 2 groupes. Les protocoles de CS utilisés en première ligne étaient similaires entre les 2 groupes avec notamment 52,2% des patients recevant une tri-chimiothérapie dont 42 % incluant des taxanes. La médiane de survie globale était de 15,0 mois dans le groupe PIPAC et de 14,8 mois dans le groupe CS seule (p=0,22) avec des médianes de survie sans progression péritonéale non statistiquement différentes (7,0 vs 8,4 mois respectivement; p=0,057). Il n’était également pas retrouvé de différence significative concernant la survie sans progression extrapéritonéale ou le contrôle à long terme des symptômes de CP. Il était observé dans le bras PIPAC plus de cures (17.0 versus 14.0, p=0.013) et plus de lignes de chimiothérapie (3.00 versus 2.50, p=0.021) en comparaison au groupe CS seule suggérant une meilleure tolérance systémique. Le nombre médian de procédure de PIPAC était de 3 par patient (1-18), avec 33 patients (36%) ayant pu bénéficier de plus de 3 procédures (médiane de 6 procédures (4-18) par patient et une médiane de survie de 16,8 mois). Dans le bras PIPAC-CS, des complications grade ≥3 - CTCAE sont survenue chez 20 patients (22%). Les complications les plus fréquentes étaient l’iléus (15,6%) et l’infection intra-abdominale (7,8%). La mortalité à 30 jours post-procédures était de 6,7% (6 cas). Au cours du suivi, la CP est apparue résécable chez 20 patients (22%) avec un taux de CRS-CHIP de 60%.

Discussion

Conclusion

Cette série de patients traités pour une CG par l’association PIPAC-CS est la plus importante de la littérature actuelle et la première ayant directement comparée cette stratégie à la CS seule. Malgré des résultats encourageants cette étude n’est pas parvenue à montrer de différence significative en termes de survie globale ou sans progression entre les 2 groupes. Néanmoins, la PIPAC apparait comme une procédure fiable et reproductible. L’association PIPAC-CS est une alternative à la CS seule dans le traitement de la CG et nécessite une évaluation dans des études randomisées.

Remerciements