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CO.054 - Evaluation de l’efficacité de la neurostimulation gastrique sur les vomissements chez les patients atteints de gastroparésie : le pacemaker gastrique dans la vraie vie

D. Salfati, D. Calabrese, F. Bretagnol, H. Soliman, M. Dior, S. Latrache, B. Coffin, H. Duboc

Introduction

La gastroparésie est un ralentissement symptomatique de la vidange gastrique en l’absence d’obstacle mécanique. Le traitement de cette pathologie rare reste mal défini. Le Pace Maker Gastrique (PMG) couteux et difficile d’accès, est un des traitements efficaces. L’objectif de ce travail est d’évaluer l’efficacité à 12 mois sur le score de vomissements et le score GCSI dans cette indication. 

Patients et Methodes

Nous avons rétrospectivement étudié 83 patients implantés par PMG dans un centre tertiaire de 01/2010 à 02/2019 pour une gastroparésie, toutes causes confondues, en échec de traitement médicamenteux. Outre les paramètres cliniques de base, étaient recueillis l’étiologie, l’ancienneté, les réglages du PMG (voltage, intensité, impédance), et les scores de vomissements sur 36 mois et le score GCSI jusqu’à 12 mois après implantation. La réponse au PMG était définie par le gain d’un point du score de vomissements à 12 mois et/ou la perte d’un point du score GCSI à 9-12 mois. 

Résultats

L’âge des patients était de 42,2 ans (+/-13,1) avec un sex ratio de 1 homme pour 2,95 femmes. Les principales étiologies de la gastroparésie étaient : diabétique (44,50%), post opératoire (22,90%) et idiopathique (19,20%). Sur le score de vomissements à 12 mois, 58,57% (n=41) des patients étaient répondeurs (+1,31 point en moyenne, p<0,0001).  71% (n=17) des patients étaient répondeurs sur le score GCSI à 12 mois (-1,24 points, p=0,022) (Figure 1). 10,84% (n=6) étaient des échecs primaires du PMG, et 14,46% (n=12) en échec secondaires (amélioration clinique transitoire).

En score de vomissements, on observait une différence significative sur l’intensité du PMG à la visite de 8-11 mois (p<0,05) avec une intensité plus importante chez les patients répondeurs (10,22 mA ± 0,56) que les patients non répondeurs (7,17 mA ± 1,10).

 Les résultats étaient comparables sur le score GCSI avec différence significative dès 1 à 4 mois, persistant jusqu’à 8-11 mois avec une intensité plus importante chez les répondeurs que les non répondeurs (8,53 mA vs 6,5mA p<0,05 entre 1 et 4 mois). L’intensité moyenne chez les patients répondeurs était significativement supérieure à celle des non-répondeurs lors de chaque consultation de suivi dès 1 à 4 mois jusqu’à 8 à 11 mois (Figure 2).

Discussion

A la vue de ces résultats, il est probablement nécessaire de monter plus vite l’ampérage en cas d’échec, et de modifier nos pratiques

Conclusion

Les résultats de cette étude montrent que le PMG réduit significativement les vomissements à partir de 5 et 7 mois après implantation : le PMG réduit significativement le score GCSI dès la première visite, avec un un effet prolongé, et la fréquence des vomissements à 12 mois. Les résultats de notre étude appuient l’hypothèse que le PMG est plus efficace lorsque l’intensité est élevée dès l’activation du PMG. Nous supposons un effet de « lassitude », à considérer le PMG comme en échec après 6 mois, et à ne plus le régler en conséquence. Un suivi régulier avec une augmentation plus rapide de l’intensité pourrait améliorer la réponse clinique.

Remerciements