JFHOD

CO.149 - Évaluation de l’incidence des lésions coliques chez les patients âgés de moins de 50 ans suivis pour un syndrome de Lynch au sein du réseau PRED-IdF

E. Coffin, C. Lekhal, E. Perez-Cuadrado-Robles, E. Samaha, J. Netter, M. Dhooge, C. Colas, B. Buecher, O. Caron, J. Bellanger, V. Cousin, D. Malka, Y. Parc, R. Benamouzig, A. Hamon, A. Zaanan, X. Dray, S. Chaussade, P. Laurent-Puig, G. Rahmi, G. Perrod, C. Cellier

Introduction

Le syndrome de Lynch est responsable d’environ 3% des cancers colorectaux (CCR) (1). Il est lié à la mutation d’un des gènes du système de réparation des mésappariements de l’ADN : MLH1, MSH2, MSH6, PMS2, et EPCAM. Le risque cumulé de CCR diffère selon la mutation, avec un risque moindre chez les patients MSH6 (2). Il existe peu de données concernant la survenue des lésions coliques selon les différentes mutations à un âge jeune. L’objectif de cette étude était de déterminer l’incidence des lésions coliques chez les patients suivis pour Syndrome de Lynch âgés de moins de 50 ans.

Patients et Methodes

Il ‘agit d’une étude rétro-prospective, multicentrique, réalisée au sein du réseau PRED-IdF. Ont été inclus les patients avec une mutation identifiée ayant réalisé au moins une coloscopie avant l’âge de 50 ans dans les centres suivants : Hôpital Européen Georges Pompidou, Hôpital Saint Antoine, Hôpital Cochin, Institut Curie, Hôpital Avicenne, Institut Gustave Roussy. Le critère de jugement principal était l’incidence des lésions coliques : adénomes, adénomes festonnés, et CCR. Les données démographiques, cliniques endoscopiques et histologiques ont été collectées.

Résultats

708 patients (âge médian : 35 [15-50] ans; sexe ratio : 0,7, durée médiane de suivi 55 [0-340] mois) ont été inclus et les données de 2429 coloscopies analysées. La répartition des mutations était la suivante : MLH1 : 237 (33,5%), MSH2 : 323 (45,6%), MSH6 : 108 (15,3%), PMS2 : 30 (4,2%) et EPCAM : 10 (1,4%). Au cours du suivi 375 (53,0%) patients ont présenté au moins une lésion colique, 268 (37,9%) au moins un adénome, 47 (6,6%) au moins un adénome festonné et 162 (22,9%) au moins un CCR. L’incidence cumulée des lésions coliques était respectivement de 57,0% ; 51,7 % ; 48,1% ; 50,0% ; 60,0% pour les mutations MLH1, MSH2, MSH6, PMS2 et EPCAM. L’âge médian de survenue d’une lésion colique était respectivement de 37 [19-58], 37 [16-60], 40 [27-53], 38 [29-46] et 35 [26-42] ans pour chacune des mutations. De manière notable, pour les mutations MLH1, MSH2, MSH6 et PMS2, 58 (43%), 73 (44%), 13 (25%), 3 (20%) des lésions coliques ont été détectées avant l’âge de 35 ans, p=0,184. Chez les patients MSH6, l'âge de survenue de la première lésion colique était significativement plus élevé que pour les autres mutations (p=0,031) (Figure 1). Chez ces patients, la répartition des lésions coliques avant l’âge de 35 ans était la suivante: 7 adénomes dont 1 avancé, 1 adénome festonné et 5 CCR. Après analyse univariée puis multivariée, l’âge HR : 1,038 [IC95 : 1,026-1,116], le sexe masculin HR : 1,460 [IC95 : 1,017-1,061], et le tabac HR : 1,672 [IC95 : 1,252-2,233] étaient des facteurs de risque indépendants de survenue de lésion colique.

Discussion

Conclusion

Dans cette étude réalisée au sein de la plus importante cohorte Française de patients suivis pour syndrome de Lynch, nous avons confirmé que la mutation MSH6 était associée au développement de lésion colique à un âge plus tardif. Cependant, nos résultats vont à l’encontre des recommandations Européennes qui préconisent un dépistage colique à partir de l’âge de 35 ans. Chez ces patients, l’établissement d’un score de survenue de lésion colique pourrait permettre de proposer un dépistage personnalisé.

Remerciements