JFHOD

CO0 - Evolution des maladies inflammatoires cryptogénétiques intestinales après transplantation hépatique pour cholangite sclérosante primitive

Lamare L, Duclos Vallée JC, Durand F, Conti F, Chazouillères Olivier, Pageaux GP, Roudot-Thoraval F, Duvoux C
But

Le but de cette étude était d'analyser, chez les malades transplantés pour cholangite sclérosante primitive (CSP), l'influence de la transplantation hépatique (TH) sur l'évolution des colites inflammatoires associées.

 

Patients et Méthodes

Quatre vingt dix sept patients transplantés pour CSP entre 1985 et 2003, dans 6 centres français, ayant un recul post TH supérieur à 3 mois, ont été rétrospectivement étudiés. Quatre vingt variables, incluant les caractéristiques de la CSP, le type et la date de début de la MICI, son évolution avant et après TH, le traitement immunosuppresseur avant et après TH ont été collectées. La survie et la probabilité de survenue d'une poussée de MICI ont été analysées par la méthode de Kaplan Meier. Une analyse univariée et multivariée ont été réalisées pour identifier les variables pronostiques indépendantes associées au risque d'activation de la colite.

 

Résultats

Le suivi moyen après TH était de 80,8 55,9 mois (médiane = 67,5 mois). Parmi les 97 patients, 58 avaient eu une coloscopie pré et post TH. Parmi ces 58 patients, 47 (81 %) avaient une MICI avant la TH (32 RCH et 15 maladie de Crohn [MC]), consistant en une pancolite dans 75 % des cas. La MICI était stabilisée dans 27 cas (57,5 %), améliorée dans 9 cas (19,1 %) et activée dans 11 cas (23,4 %). Parmi les 11/58 patients n'ayant pas de MICI avant la TH, 4 patients (36,4 %) ont développé une MICI de novo. Le risque cumulé de poussée de MICI était de 18 %, 29 % et 40 %, respectivement 1, 3 et 5 ans après la TH. La survie post-greffe n'était pas modifiée par l'association à une MICI. En analyse univariée, les facteurs associés à une activation de la MICI post TH étaient : le sexe masculin (p = 0,006), un traitement post TH par acide ursodésoxycholique (AUDC) (p = 0,008), une sérologie CMV négative (p = 0,004) et la présence d'ulcérations sur la coloscopie avant la TH (p = 0,01). En analyse multivariée, les facteurs associés de façon indépendante à une activation de la MICI étaient le sexe masculin (p = 0,003) et un traitement par AUDC post TH (p = 0,003).

 

Conclusion

L'activation d'une MICI est un événement fréquent (23,4 %) après TH pour CSP mais ne modifie pas la survie post TH. Cette étude identifie 2 nouveaux facteurs, le sexe masculin et un traitement par AUDC comme associés à l'activation des MICI post TH. Le type et la durée de l'immunosuppression utilisés n'influencent pas l'évolution de la MICI dans cette étude.