JFHOD

P.105 - Expérience d’un service de gastroentérologie dans les urgences endoscopiques hautes

M. Kadiri, S. Lajouad, M. Salihoun, M. Acharki, I. Serraj, N. Kabbaj

Introduction

Les urgences endoscopiques hautes sont des situations graves engageant le pronostic vital. Les

conditions de travail et les prises de décision peuvent influencer l’issue de la situation et

celles-ci varient d’une équipe à l’autre. Le but de notre travail est de présenter l’expérience de notre service en urgences endoscopiques. 

Matériels et méthodes

Ont été inclus tous les cas d'urgences endoscopiques hautes répertoriés du mois 01/2009 au mois 07/2018 dans notre service. Ainsi, ont été inclus les hémorragies digestives hautes, les ingestions de caustique et de corps étrangers. Nous avons rapporté la présentation clinique, les antécédents médicaux, l'expérience de l'endoscopiste et le  type d’anesthésie utilisé ainsi que le résultat de l'endoscopie

Résultats

845 endoscopies en urgence ont été réalisées durant cette période. La moyenne d'âge des patients était de 55 ans. Avec une prédominance masculine (57%). 80% des endoscopies ont été réalisées par des juniors et 20% par des seniors. La sédation au propofol a été utilisée dans 90% des cas. L'endoscopie a été réalisée avec un délai moyen de 9 h après l'admission.

 

644 endoscopies ont été réalisées devant des hémorragies digestives hautes (78%), 37% des patients étaient cirrhotiques, 15% avaient des varices oesophagiennes connues. 50% n'avaient pas d'antécédents médicaux et 10% prenaient des AINS ou des antiagrégants plaquettaires. 65% des patients ont été admis pour une hématémèse, dont 45% étaient isolées, 30% pour des mélénas et 5% pour des rectorragies massives. 14% des patients étaient initialement instables et admis à l'unité de soins intensifs. L'endoscopie oesogastroduodénale a montré un ulcère hémorragique dans 28%, et un saignement lié à l’hypertension portale dans 25%. Les autres diagnostics étaient l'œsophagite (18%), la gastrite (10%),les tumeurs (7%), et l'angiodysplasie (5%). L'endoscopie était normale dans 5% des cas.

 

128 endoscopies ont été réalisées devant une ingestion de caustique (14%). L'ingestion était volontaire dans 44% des cas. L'âge moyen des patients était de 35 ans. Le produit le plus fréquent était l’eau de javel dans 61% des cas et l'acide chlorydrique dans 33% des cas. L'endoscopie a été réalisée entre 6 et 24 h après l'ingestion. Elle a montré une œsophagite caustique dans 65% des cas, dans 28% une oesophagite de stade I, dans 38% un stade II et dans 2,5% un stade III. La gastrite caustique a été retrouvée dans 59% des cas, 23% au stade I, 20% au stade II et 6% au stade III.

 

73 endoscopies ont été réalisées pour une ingestion de corps étranger (8%). Le délai entre l'ingestion et l'endoscopie était compris entre 2 et 48 h. Le corps étranger était localisé dans l'œsophage dans 63% des cas, l'estomac dans 26% et le duodénum dans 1 cas. Les objets les plus fréquents étaient les objets métalliques (33%), l’os de viande(18%), et les prothèses dentaires (6%). Dans 19% des cas, le corps CE n'a pas été retrouvé

Discussion

Conclusion

Les urgences endoscopiques étaient dominées par les hémorragies digestives hautes, causés principalement par l’ulcère gastroduodénal ou un saignement variqueux. L’ingestion de caustique conduit le plus souvent à une oesophagite de stade II. L’ingestion de corps étranger est moins fréquente, et faite essentiellement d’objets métalliques retrouvés au niveau de l’œsophage.

Remerciements