JFHOD

P.410 - Expression de PDX1 et ARX dans les tumeurs neuroendocrines pancréatiques

S. Dermine, M. Diedisheim, A. Septier, S. Gaujoux, B. Dousset, G. Cadiot, B. Terris, G. Assié, R. Coriat

Introduction

Les tumeurs neuroendocrines pancréatiques (TNE) sont des tumeurs rares, avec une incidence annuelle d’environ 1/100.000 en France. Parmi les TNE, les insulinomes sont des tumeurs très différenciées, avec un très bon pronostic, et dont le diagnostic est porté en pré-opératoire  en raison d’une symptomatologie spécifique. Parmi les autres TNE non-insulinome, le pronostic est très hétérogène et dépend de l’envahissement local et à distance, du taux de KI67, de la différenciation cellulaire et de l’index mitotique. Leur prise en charge thérapeutique dépend aujourd’hui d’une classification histo-pronostique basée sur l’index de prolifération (index mitotique et KI67) et le degré de différenciation, qui ne reflète qu’en partie de leur complexité. Récemment, une étude rapporte qu’une immunohistochimie de PDX1 et ARX des TNE non-insulinome permet de préciser le risque de récidive, avec un risque plus important en cas d’immunomarquage ARX+/PDX1- ou double négatif (1). Nous rapportons ici nos analyses concernant ces marqueurs pronostics dans notre cohorte de TNE.

Matériels et méthodes

Cinquante-six TNE de caractéristiques variées (grade, localisation, sécrétion), dont 15 insulinomes, opérées entre 2001 et 2018 ont pu être analysées par RNA-Seq et immunohistochimie. L’ARNm tumoral des pièces opératoires congelées a été extraite et séquencée selon la méthode RNA-Seq (Illumina NextSeq500). Une étude bioinformatique a permis de séparer les TNE en trois groupes : groupe A constitué d’insulinomes, groupe B constitué de TNE non-insulinome à moindre risque de récidive, groupe C constitué de TNE non-insulinome à haut risque de récidive. Des immunohistochimies PDX1 et ARX ont été réalisées sur l’ensemble des TNE.

Résultats

Le gène ARX est plus exprimé dans le groupe non-insulinome de mauvais pronostic (groupe C) comparé au groupe non-insulinome de bon pronostic (groupe B, p=2.10-3). A l’inverse, PDX1 est plus exprimé dans le groupe B comparé au groupe C (p<1.10-4). Concernant l’immunohistochimie, 73% des TNE du groupe C sont ARX-positives, vs 24% dans le groupe B et 8% dans le groupe A (p<1.10-4, p<1.10-2 pour la comparaison entre les groupes B et C uniquement). Concernant PDX1, 27% des TNE du groupe C sont positives, vs 82% dans le groupe B et 92% dans le groupe A (p<1.10-4, p<1.10-3 pour la comparaison entre les groupes B et C uniquement). Parmi les 15 insulinomes, aucun n’a récidivé.

En analyse de survie pour les 41 TNE non-insulinome, l’immunohistochimie seule d’ARX n’est pas associée à la survie sans récidive (p=0.84). Dans l’article princeps, les tumeurs ont été regroupées en deux groupes : PDX1-/ARX+ et PDX1-/ARX- d’une part, PDX1+/ARX+ et PDX1+/ARX- d’autre part1 ; cette classification revient donc à classer les TNE non-insulinome uniquement selon l’immunohistochimie PDX1. Dans les TNE non-insulinomes, cette immunohistochimie PDX1 retrouve un risque de récidive plus important en cas de négativité, mais sans atteindre la significativité (p=0,13).

Discussion

Conclusion

Nos analyses de 41 TNE non-insulinomes renforcent l’idée d’un rôle biologique d’ARX dans les TNE non-insulinome à haut risque de récidive, et de PDX1 dans les TNE non-insulinome à moindre risque de récidive. En revanche, dans notre cohorte, une immunohistochimie couplée de PDX1 et ARX ne permet pas de prédire le risque de récidive au niveau individuel.

Remerciements