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CO.048 - Facteurs de risque, prise en charge et survie des patients atteints d’un carcinome hépatocellulaire en France au cours de la période 2015-2017 : analyse à partir du système national des données de santé (SNDS)

P. Mathurin, N. Kelkouli, M. de Zélicourt, J.F. Blanc

Introduction

En dépit d’une recommandation pour le dépistage semestriel chez les sujets à risque, le carcinome hépatocellulaire (CHC), est souvent diagnostiqué à un stade avancé expliquant le pronostic péjoratif de ce cancer. Les objectifs de cette étude étaient de décrire en France les facteurs de risque, la prise en charge thérapeutique et la survie globale des patients atteints d’un CHC nouvellement diagnostiqué, entre 2015 et 2017, à partir du Système national des données de santé (SNDS) qui couvre environ 99 % de la population. 

Patients et Methodes

Le SNDS contient des données médico-administratives incluant les données de remboursement des soins de santé et les données d’hospitalisations du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI). Dans cette base de données, les nouveaux cas de CHC diagnostiqués entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2017 ont été identifiés, de façon rétrospective, à partir du code de diagnostic CIM 10 : C220. Les patients ayant présenté un autre cancer primitif après le diagnostic de CHC sans hospitalisation ultérieure pour CHC ont été exclus. Les stades avancés : stades intermédiaire (B), avancé (C) et terminal (D) de la classification BCLC (Barcelona Clinic Liver Cancer) ont été définis par l’identification d’une chimio-embolisation (CE) ou d’une radio-embolisation (RE) artérielles, d’un traitement systémique du CHC et/ou d’un séjour ayant pour code de diagnostic des soins palliatifs au cours de la période de l’étude. 

Résultats

Entre 2015 et 2017, 21 071 patients atteints d’un CHC nouvellement diagnostiqué ont été identifiés. Ces patients étaient âgés en moyenne de 69,2 (± 11,1) ans et dans 82 % des cas, ceux-ci étaient des hommes. La durée médiane de suivi a été de 7,0 mois [Min-Max : 0,0-35 mois]. Une hépatopathie ou un diabète ont été retrouvés chez 86,4 % des patients. Les facteurs de risque du CHC le plus souvent identifiés ont été : une hépatopathie associée à une consommation excessive d’alcool sans cause virale identifiée (42,7% des cas dont 1,3 % de cas associés à une NASH/NAFLD), une hépatite virale associée à une consommation excessive d’alcool (7,2 %), une hépatite virale sans consommation excessive d’alcool (12,6 %), une NASH/NAFLD ou un diabète en l’absence des étiologies virale ou alcool (17,7 %). Sur l’ensemble des patients inclus, 6 571 (31,2 %) ont pu bénéficier d’un traitement curatif, 3 184 (15,1 %) d’une CE ou d’une RE, 2 700 (12,8 %) d’un traitement systémique et 8 616 patients (40,9 %) n’ont reçu que des soins palliatifs. La survie à 1 an du diagnostic de CHC différait en fonction de la prise en charge initiale : 88,7 % chez les patients ayant bénéficié d’un traitement curatif, 70 % chez les patients traités par CE ou RE, 32,2 % chez les patients ayant reçu un traitement systémique et 17,8 % chez ceux qui n’ont pu recevoir que des soins de support. 

Discussion

Conclusion

L’analyse d’un échantillon représentatif de patients atteints de CHC en France montre qu’une consommation excessive d’alcool reste, en termes de fréquence, le premier facteur de risque et que moins d’un tiers des patients ont pu bénéficier d’un traitement curateur au cours de la période 2015-2017. 

Remerciements