JFHOD

CO.83 - Facteurs prédictifs d’une progression précoce pendant chimiothérapie d’induction (CI) et pendant le premier intervalle libre de chimiothérapie (ILC). Analyse des données de l’essai PRODIGE 9

T. Aparicio, J. Bennouna, K. Le Malicot, V. Boige, J. Taïeb, O. Bouché, J.M. Phelip, E. François, R. Faroux, L. Dahan, J.B. Bachet, J. Egreteau, M.C. Kaminsky, J.M. Gornet, O. Cojocarasu, M. Gasmi, V. Guerin-Meyer, F. Ghiringhelli, C. Lepage, C. Borel

Introduction

Certains patients (pts) atteint d’un cancer colorectal métastatique (CCRM) ont une progression tumorale pendant la chimiothérapie d’induction (CI). L’identification préalable de ces pts est importante pour proposer d’emblée une CI intensifiée en 1ère ligne. D’autre part les pts ayant eu une réponse tumorale ou une stabilisation tumorale peuvent bénéficier d’un intervalle libre de chimiothérapie (ILC) parfois prolongé. L’identification des sous-groupes de pts pouvant avoir un ILC prolongé et de pts qui progressent rapidement après l’arrêt de la CI est importante pour établir la meilleure stratégie thérapeutique.   

Patients et Methodes

Les pts inclus dans l’essai PRODIGE 9 recevaient 12 cures de FOLFIRI + bévacizumab avant un ILC avec ou sans bévacizumab en monothérapie (1). Les facteurs prédictifs d’une progression pendant la CI et ceux d’une progression précoce (<3 mois), intermédiaire (3-5 mois) ou tardive (>5 mois) pendant le 1er ILC ont été recherchés. Un modèle de régression logistique a été utilisé pour identifier les facteurs pronostiques. Un seuil de significativité de 0,2 était requis en analyse univariée pour entrer dans le modèle et un seuil de significativité de 0,10 a été retenu pour définir les facteurs prédictifs indépendants.

Résultats

L’analyse a été faite sur 488 pts. Une  progression pendant la CI a été observée chez 85 (17,4%) pts. En analyse multivariée une hyperleucocytose >10 x109/L (OR=1,98 [1,02-3,8], p=0,04) et l’absence de décroissance de l’ACE >50% à 2 mois (OR=3,61 [1,68-7,75], p=0,01) étaient des facteurs indépendants associés à une progression pendant la CI.

Un 1er ILC a été fait chez 344 pts. Un ILC <3 mois après l’arrêt de la CI a été observé chez 128 (37,2%), intermédiaire chez 100 (29%) et prolongé chez 116 (33,7%). En analyse multivariée le sexe masculin (OR=1,75 [0,93-3,30], p=0,08) et l’absence de réponse objective après 2 mois de CI (OR=1,89 [0,95-3,75], p=0,07) étaient significativement associés à un ILC court. Dans le sous-groupe de 95 pts ayant eu une détermination du statut BRAF, la présence d’une mutation V600E était associée à un ILC court en analyse univariée (OR=6,11 [1,69-22,05], p=0,006).

Discussion

Conclusion

Une hyperleucocytose >10 x109/L avant le début de la CI et l’absence de décroissance de l’ACE >50% à 2 mois sont associés à une progression pendant la CI. Ces facteurs devraient inciter à une intensification précoce de la chimiothérapie. Le sexe masculin, l’absence de réponse objective après 2 mois de CI et la présence d’une mutation BRAF sont associés à un ILC court. Ces facteurs devraient inciter à prescrire une chimiothérapie d’entretien.

Remerciements

Financement du laboratoire Roche