JFHOD

CO0 - Fréquence et caractéristiques de la pancréatite associée aux maladies inflammatoires chroniques de l'intestin

Barthet Marc, Lesavre N, Desplats S, Panuel M, Gasmi M, Dagorn JC, Bernard JP, Grimaud JC
Introduction

Une grande partie des pancréatites survenant au cours des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) sont attribuées à une cause médicamenteuse. Des travaux récents ont montré que des pancréatites de type autoimmune peuvent être associées aux MICI et constituer une manifestation extraintestinale. Le but de ce travail prospectif était d'évaluer la fréquence et les caractéristiques de l'atteinte pancréatique au cours des MICI.

 

Patients et Méthodes

79 patients, 51 hommes et 28 femmes ont été inclus prospectivement dans cette étude (accord CCPPRB n° 00/57) ; 71 avaient une maladie de Crohn et 8 une rectocolite hémorragique avec une durée moyenne d'évolution de l'affection de 10 ans. Trente patients avaient des antécédents de manifestation clinique de pancréatite ou biologique d'élévation de l'amylase ou de la lipase (groupe P) ; 49 patients n'avaient aucune atteinte pancréatique clinique ou biologique (groupe C). La fonction pancréatique exocrine a été évalué par mesure de l'élastase fécale et la morphologie des canaux pancréatiques par pancréato-IRM. L'état inflammatoire pancréatique et l'existence d'une autoimmunité pancréatique ont été recherché par dosage de la PAP sérique (pancreatitis associated protein), par mesure des Ig G4 et recherche d'autoanticorps pancréatiques.

 

Résultats

Une hyperamylasémie ou hyperlipasémie était significativement plus fréquente dans le groupe P que dans le groupe C (respectivement 23 % vs 6 % (p = 0,001) et 26 % vs 2 % (p = 0,01)) alors que le taux de CRP (10 vs 16 mg/L), la PAP (45 vs 26 ng/mL) ou la présence d'autoanticorps pancréatiques (16 vs 22 %) ne différaient pas significativement entre les 2 groupes. La mesure de l'élastase fécale a mis en évidence une altération significative de la fonction exocrine pancréatique (FEP) chez 50 % des patients du groupe P et 17 % du groupe C (14 %) (p = 0,04). Une seule valeur d'Ig G4 dépassait le seuil de la normalité. Dans l'ensemble de l'effectif, les autoanticorps pancréatiques étaient observés chez 22 % de l'ensemble des patients, une élévation de la PAP était présente chez 19 % des patients et une insuffisance pancréatique exocrine dans 30 % des cas. Des anomalies canalaires à type d'irrégularité ou de dilatation segmentaire du canal pancréatique principal étaient présentes chez 8 patients (10,8 %) sans différence significative de valeur des dosages de la CRP, PAP ou de la présence d'autoanticorps pancréatiques chez les patients avec ou sans anomalie de la pancréato-IRM.

 

Conclusion

La présence d'une insuffisance pancréatique exocrine chez 23 patients suggère qu'au moins 30 % des patients atteints de MICI ont probablement une pancréatite chronique associée, cette fréquence étant de 50 % chez des patients considérés comme ayant à priori une pancréatite médicamenteuse. Le dosage des Ig G4, de la PAP ou des autoanticorps pancréatiques ne semble pas utile dans cette indication.