Hépatite C

Retour au sommaire

Hépatite C

L’hépatite C est une maladie provoquée par l’infection des cellules du foie par le virus de l’hépatite C (VHC). La France prévoit son élimination avant 2025. L’hépatite C chronique, infection silencieuse à l’origine de cirrhose et de cancers du foie, est aujourd’hui la seule maladie virale chronique à pouvoir être guérie. Encore faut-il la dépister ? Dans l’Hexagone, 75 000 personnes ignorent qu’elles sont infectées. Près 25 000 sont connues mais ne sont pas encore traitées.

L’infection des cellules du foie (hépatocytes) par le virus de l’hépatite C (VHC) provoque une inflammation chronique et la destruction progressive des tissus sains du foie et leur remplacement par un tissu cicatriciel fibreux altérant la fonction hépatique, faisant le lit d’une cirrhose.

Quels sont les modes de contamination/transmission ?

Le virus de l’hépatite C (VHC) se transmet principalement par voie sanguine, lorsque le sang d'une personne porteuse du VHC entre en contact avec celui d'une personne non infectée.

Par le passé, en France notamment, la transfusion sanguine a provoqué de nombreuses contaminations. Jusqu'à 1992, la transfusion de produits sanguins en était même la principale cause. Puis un test a permis de détecter la présence du virus (son ARN précisément) dans les dons. Ce risque est donc désormais écarté et les contaminations se font essentiellement lors du partage de seringues contaminées lors de l’usage de drogues injectables, de scarification non hygiénique (tatouage, piercing, rasage avec matériel contaminé).

Les contaminations sexuelles se rencontrent essentiellement chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.

Qui présente un risque ?

Un diagnostic souvent fortuit

Les personnes à risque de contracter le virus de l’hépatite C sont celles ayant été transfusées avant 1992 mais également les usagers de drogues, par voie intraveineuse ou nasale (aiguilles, paille etc.), les personnes greffées, celles ayant suivi des séances d’acupuncture avec des aiguilles partagées ou qui se sont faites tatouées, celles ayant subi des interventions chirurgicales, une dialyse ou ayant requis des injections multiples.

Vivre avec une personne infectée expose également à un risque, faible mais non nul, du fait de la mise en commun d’objets comme des ciseaux à ongles, d’un rasoir etc.

Pour sa part, le passage du virus de la mère à l’enfant est rare, de l’ordre de 3 %.

Quant à la contamination sexuelle, c’est une réalité mais peu fréquente. Elle concerne en majorité les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. 

Les symptômes apparaissant rarement avant que la cirrhose ne devienne sévère, les personnes infectées ne se savent pas contaminantes. 

En l’absence de diagnostic, et donc de traitement, l’évolution vers la cirrhose et le cancer du foie ne peut être prévenue. C’est pourquoi le dépistage de l’hépatite C, après avoir longtemps été réservé aux catégories de personnes à risque, est désormais recommandé dans toute la population, au moins une fois au cours de la vie, voire de façon répétée chez ceux ayant un risque particulier de contamination.

Une personne contaminée guérit spontanément dans 30 % des cas dans les six mois, sans lésion hépatique. Dans le cas contraire, l’hépatite chronique s’installe, avec des lésions inflammatoires puis de la fibrose, pouvant aller jusqu’à la cirrhose. Plusieurs facteurs de risques accélèrent cette évolution, comme une infection de longue date, ayant eu lieu après l’âge de 40 ans, une consommation d’alcool importante, et un excès de graisse hépatique favorisé par un surpoids, un diabète, une infection concomitante avec le virus de l’hépatite B ou le VIH et un excès de cholestérol ou de triglycérides sanguins.

Les examens

Le dépistage par une simple prise de sang

La présence d’anticorps (sérologie) permet de dépister les personnes qui ont été en contact avec le virus.

La confirmation du diagnostic est apportée par la recherche de l’ARN viral dans le sang.

Les traitements

95 % des malades guéris

Le traitement de l’hépatite C a été révolutionné au début des année 2010. En 2014, les médicaments « antiviraux d’action directe » ont été commercialisés. Capables de venir à bout du virus de l’hépatite C, ce sont des médicaments par voie orale, à pendre une fois par jour pendant 8 à 12 semaines selon les molécules (inhibiteurs de protéase, des inhibiteurs de la NS5A et des inhibiteurs de la NS3). 

95 % des malades sont guéris grâce à l’association de plusieurs de ces médicaments, quasiment dénués d’effets secondaires. Une personne sous traitement sur dix ressent une fatigue, des nausées voire des vomissements, des insomnies, une accélération du transit intestinal, des maux de tête.

Copyright : © SNFGE, Société Nationale Française de Gastro-Entérologie
Expert / Relecteur : Pr C. Bureau / Pr J-M. Péron
En collaboration avec l'
AFEF, Association Française pour l'Etude du Foie
Rédaction : H. Joubert
​Janvier 2019