JFHOD

P.307 - Hidradénite suppurée associée à la maladie de Crohn : un risque augmenté de stomie définitive

L.M. Dumont, S. Guegan-Bart, C. Landman, I. Nion Larmurier, A. Bourrier, H. Sokol, P. Marteau, L. Beaugerie, J. Cosnes, P. Seksik

Introduction

L’hidradénite suppurée (HS) est une maladie cutanée, inflammatoire et chronique. Elle impacte fortement la qualité de vie. La maladie de Crohn (MC) appartient aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et donne souvent lieu à des lésions ano-périnéales et des manifestations extradigestives. Ces deux maladies ont en commun une réponse immunitaire inadaptée, à des bactéries commensales, chez des sujets génétiquement prédisposés. Leur association est de plus en plus décrite et il semble que l’hidradénite suppuré influence péjorativement le pronostic de la maladie de Crohn. Cette étude a pour but de vérifier cette hypothèse.

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude cas-témoin de ratio 1 pour 4, réalisée à partir de 4645 MC d’une corhorte mono-centrique. Les variables d’appariement étaient le sexe, la date de naissance (+/- 2,5 ans), la date du diagnostic de la MC (+/- 2,5 ans), la présence de lésions ano-périnéales (LAP) au diagnostic et la qualité du suivi. Les cas d’HS étaient confirmés par l’analyse du dossier médical et un examen clinique dédié. Chaque cas d' HS était décrit par sa localisation et la classification de Hurley.

Résultats

La prévalence de l’HS était de 0,95% avec 44 cas identifiés sur 4645 MC. Parmi eux 64 % avaient un tabagisme actif. L’HS était sévère avec 80% de patients ayant un stade Hurley II et III, et touchait surtout les régions axillaire (72% des cas) et périnéale (50 % des cas). Elle était diagnostiquée après la MC dans 70 % des cas avec une médiane de 9 années entre les deux diagnostics (IQR 5,25-12,75). Dans l’analyse comparative cas-témoins, la MC associée à l’HS était plus active (56% vs 40% d’années avec MC active, p<0,001) et nécessitait plus d’anti-TNF (39 % vs 23 % d’années passées sous anti-TNF, p<0,001) que la MC isolée. Elle était aussi associée à un risque de stomie définitive plus élevé, 16,8% (IQR 7,5-33,3) contre 2,5% (IQR 0,8-7,4) dans le groupe contrôle (p = 0,002). L’analyse uni puis multivariée confirmait l’HS comme facteur de risque indépendant de stomie définitive avec un Hazard Ratio de 6,29 [IC 95% (2, 30-38,33) p<0,001]. 

Discussion

Conclusion

Notre étude montre donc que l’HS péjore le pronostic de la MC avec une maladie plus active et un risque de stomie définitive augmenté chez les patients présentant cette association et ce malgré un recours plus important aux anti-TNF.

Remerciements