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P177 - Il existe une déplétion de l'ADN mitochondrial au cours des pseudo-obstructions intestinales chroniques (POIC) idiopathiques

Amiot Aurélien, Cazals-Hatem Dominique, Fayet Guillemette, Joly Francisca, Lavergne Slove Anne, Nelson Isabelle, Bedossa Pierre, Messing Bernard, Lombès Anne
Introduction

La POIC est une maladie des structures neuromusculaires de l'intestin, de cause inconnue dans 40% des cas. Certaines POIC surviennent lors de maladie mitochondriale. La possibilité que des maladies mitochondriales méconnues puisse expliquer un certain nombre de POIC idiopathique n'a jamais été investiguée. Le but de l'étude était de rechercher des anomalies mitochondriales intestinales dans une cohorte de patients atteints de POIC mitochondriale et idiopathique.
 

Matériels et Méthodes

Etude cas-témoins de prélèvements intestinaux de 21 patients atteints de POIC idiopathique (n = 17) ou mitochondriale (n = 4) et de 27 prélèvements intestinaux de sujets contrôles. Etude en histologie conventionnelle, analyse histoenzymologique des activités des complexes II et IV de la chaîne respiratoire, étude immunohistochimique de 3 protéines de la chaîne respiratoire codées par l'ADN nucléaire ou mitochondrial (ADNmit), mesure de la quantité d'ADNmit par PCR quantitative, analyse de ses altérations par PCR restriction.
 

Résultats

Les patients atteints de POIC mitochondriale présentaient des lésions de myopathie viscérale dans 100% des cas et de neuropathie viscérale associée dans 50% des cas (2/4). Il existait un déficit d'activité cytochrome-c oxydase ou un déficit en protéines de la chaîne respiratoire (COX2 et ND1) codées par l'ADNmit, dans 25% des cas. Par ailleurs, une induction de l'apoptose dans la musculeuse était notée dans 50% des cas. Les patients atteints de POIC idiopathique présentaient des lésions de myopathie viscérale dans 41% de cas, de neuropathie viscérale dans 12% des cas et avaient une histologie normale dans 47% des cas. Aucun ne présentait d'atteinte neuromusculaire mixte. Un déficit d'expression de COX2 et ND1 était noté chez l'un d'entre eux. Tous les patients atteints de POIC idiopathique ou mitochondriale présentaient une déplétion significative de la quantité d'ADNmit comparé aux patients contrôles. Seul un patient atteint de POIC mitochondriale, due à une mutation MELAS, présentait une augmentation de la quantité d'ADNmit. Cette augmentation était en rapport avec une prolifération des mitochondries en réponse au déficit d'activité cytochrome-c oxydase. Chez ce patient, la proportion de mutation MELAS (A3243G) évaluée par PCR restriction était de 70 à 90% dans la paroi intestinale (83% dans le muscle deltoïde).
 

Conclusion

Il est possible de mettre en évidence des lésions spécifiques de la musculeuse intestinale au cours des POIC mitochondriales. Il existe une déplétion de l'ADNmit au cours de la POIC idiopathique, qu'elle soit mitochondriale ou apparemment idiopathique.