JFHOD

P.423 - Impact de la latéralité de la tumeur primitive chez des patients traités par cétuximab en première ligne métastatique d’un cancer colorectal (CCRm)

F. Roulet, A. Gouverneur, M. Rouyer, E. François, A. Sa Cunha, P. Noize, N. Moore, C. Droz-Perroteau, A. Fourrier-Réglat, A. Monnereau, D. Smith

Introduction

Dans le CCRm, les caractéristiques clinico-biologiques et moléculaires diffèrent selon la localisation de la tumeur primitive et le pronostic semble meilleur pour les tumeurs du colon gauche. Toutefois, les recommandations officielles actuelles ne prennent pas en compte la latéralité dans la prise en charge thérapeutique des CCRm. L’objectif de notre étude était d’évaluer en situation réelle de soins l’impact de la latéralité sur l’efficacité du Cétuximab utilisé en première ligne.

Matériels et méthodes

EREBUS est une étude de cohorte française, multicentrique, en situation réelle de soins incluant des patients atteints de CCRm non résécables d’emblée et ayant débuté un traitement par Cétuximab en première ligne métastatique entre janvier 2009 et décembre 2010. L’étude n’incluait que les patients de statut RAS sauvage étendu. Les analyses étaient stratifiées selon la localisation de leur tumeur primitive : droite (du caecum au colon transverse) ou gauche/ rectum (en aval de l’empreinte splénique). Les critères de jugement étaient le taux de résection secondaire des métastases, le taux de réponse globale à 24 mois,  la survie sans progression à 12 mois et la survie globale à 36 mois. 

Résultats

Au total 248 patients étaient inclus (colon droit (CCRD) : 55, colon gauche/rectum (CCRG) : 193). Les CCRD étaient plus souvent associés à une mutation BRAF, à des métastases de localisation péritonéale et à la présence d’une anémie. Les métastases des CCRG étaient plus souvent de localisation hépatique exclusive par rapport aux CCRD. La médiane de survie était significativement plus longue chez les patients avec un CCRG (29,1 mois)  comparée à ceux ayant un CCRD (15,7 mois) (p= 0,0007). Le taux de réponse tumorale était significativement plus élevé dans le groupe CCRG (66,8% vs 25,5% dans le groupe CCRD) (p<0,0001), comme le taux de résection secondaire des métastases (31,1% de la cohorte totale : 35,8% dans le groupe CCRG vs 14,6% dans le groupe CCRD, p=0,0027). La survie sans progression n’était pas différente entre les 2 groupes (10,1 vs 8,1 ; p= 0,0923). La localisation colique droite était associée à un moins bon pronostic en analyse univariée (RR= 1,95) mais cette association n’était pas statistiquement significative en multivariée. En analyse multivariée, le score ECOG ≥2 (RR= 2,76), une anémie au diagnostic (RR=1,91), une tumeur peu différenciée (RR=3,5), la mutation BRAF (RR=3.43) et l’absence de chirurgie des métastases (RR=4,17) étaient associés à un moins bon pronostic. Dans l’analyse en sous-groupes, en l’absence de résection la survie est meilleure dans les CCRG (21,4 mois [17,8 - 26,3] vs 13,5 mois [6,2 - 18,2], NS), les plus longues survies sont observées pour les groupes réséqués de leurs métastases quelle que soit la localisation de la tumeur primitive (probabilité de survie à 36 mois pour CCRG de 73,3 % [61,0 - 82,3] vs 62,5 % [22,9 - 86,1]).

Discussion

Conclusion

Dans l’étude EREBUS, restreinte à la population tout RAS sauvage, la survie globale des patients atteints de CCRG est supérieure à la survie des patients CCRD. La localisation de la tumeur primitive n’apparait toutefois pas comme un facteur pronostique indépendant. Les taux de réponse objective et de résection secondaire des métastases sont significativement supérieurs chez les patients CCRG suggérant que le Cétuximab en première ligne métastatique serait plus efficace dans ce groupe. 

Remerciements