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CO0 - Impact de l'insertion d'une prothèse œsophagienne métallique expansive sur la dénutrition dans le traitement palliatif du cancer de l'œsophage : étude de 116 malades

Lecleire S, Di Fiore Frédéric, Antonietti M, Paillot B, Déchelotte P, Ducrotté Philippe, Ben Soussan E, Michel Pierre
Introduction

Les prothèses osophagiennes métalliques expansives (POME) sont actuellement employées en première intention dans le traitement palliatif des malades atteints d'un cancer de l'osophage afin de pallier la dysphagie et de permettre une restitution de l'alimentation orale. Cependant, aucune étude n'a évalué l'impact de l'insertion d'une POME sur l'évolution nutritionnelle de ces malades. Le but de cette étude était donc d'évaluer rétrospectivement l'effet des POME sur l'évolution nutritionnelle et clinique des malades dans le traitement palliatif du cancer de l'osophage.

 

Matériels et Méthodes

De janvier 1997 à novembre 2003, tous les malades ayant bénéficié de la mise en place d'une POME couverte, après récidive ou échec d'un traitement à visée curative par radio-chimiothérapie ou du fait d'un état général n'autorisant pas de traitement curatif, ont été inclus L'efficacité de la POME était évaluée au cours du premier mois après son insertion par le score de dysphagie (gradé de 0 à 4 selon la classification d'Atkinson). L'évaluation nutritionnelle et clinique des malades était réalisée lors de la pose de la POME, puis à 1, 3, 6, 9 et 12 mois par le suivi du poids, de l'index de masse corporelle (IMC) en kg/m2, de l'albuminémie (en g/L) et de l'indice de performance OMS (gradé de 0 à 4).

 

Résultats

Un total de 116 malades était inclus dans notre étude. Parmi ces 116 malades, la diminution de la dysphagie a été observée dans 89,6 % des cas après insertion de la POME. La dysphagie moyenne était améliorée de 3,2 à 1,4 dans la classification d'Atkinson (p < 0,05). L'évaluation nutritionnelle et clinique montrait une diminution significative dès le premier mois après l'insertion de la POME, de l'IMC (19,9 versus 18,8 ; p < 0,04), de l'albuminémie (29,7 g/L versus 27,3 g/L ; p < 0,01) et de l'indice de performance OMS (2,3 versus 2,6 ; p < 0,02). Il n'existait de plus aucune amélioration de ces différents paramètres à 3, 6, 9 et 12 mois pour les malades survivants. Une diminution significative du poids moyen était observée au troisième mois (57,1 kg versus 51,5 kg ; p < 0,05). La survie médiane était de 2,5 mois. Le décès dans les 30 jours suivant la pose de POME était significativement plus fréquent chez les malades qui présentaient une albuminémie inférieure à 30 g/L et un IMC inférieur à 18 lors de la pose de la POME (respectivement p < 0,05 et p < 0,04).

 

Conclusion

L'insertion d'une POME permet l'amélioration symptomatique de la dysphagie chez près de 90 % des malades. Cette étude montre cependant que la mise en place d'une POME n'est pas suivie d'amélioration des principaux paramètres nutritionnels ou de l'état général des malades.