JFHOD

P51 - Impact du dosage des métabolites des thiopurines dans la prise en charge de la maladie de Crohn

Ouabid Mariem, Ajana Fatimazahra, Essamri Wafae, Benelbarhdadi Imane, Afifi Rajae, Essaid El Feydi Abdellah

Introduction


L'azathioprine et son métabolite, la 6-mercaptopurine, sont des médicaments clés dans la prise en charge de la maladie de Crohn. Il est généralement admis que les 6-thioguanine nucléotides (6-TGN) sont le métabolite final actif de ces molécules. Il est possible de doser les 6-TGN et la 6-méthylmercaptopurine (6-MMP), métabolites de l'azathioprine/6-mercaptopurine. L'intérêt du dosage de ces métabolites dans la prise en charge des patients atteints de Maladie de Crohn est controversé. Le but de notre étude est savoir si les taux de ces métabolites corrélaient avec une rémission ou une hépatotoxicité d'une part et avec les constations endoscopiques d'autre part et d'évaluer l'impact de ces dosage dans la prise en charge thérapeutique.

Patients et Méthodes


Sur un collectif de 134 patients prenant de l'azathioprine ou de la 6-mercaptopurine, n'ont été inclus que patients qui remplissaient les critères de sélection de l'étude, il s'agit de patients traités depuis au moins un an par immunosuppresseur ayant bénéficié d'un dosage des métabolites de l'AZA/6MP et d'une évaluation endoscopique dans la même période.

Résultats


Au total 16 patients atteints de maladie de crohn ont remplis les critères de l'étude 11F et 5 H, le traitement immunosuppresseur a été instauré en raison d'une corticodépendance chez 8 patients, et en prévention de la récidive post opératoire après résection iléo-caecale chez les 8 autres cas, la durée moyenne du traitement immunosuppresseur est de 3 ans, et le délai moyen du dosage des métabolites par rapport à l'introduction du traitement immunosuppresseur est 3 ans, ce délai relativement retardé du monitorage s'explique par l'introduction récente de ce type de dosage dans nos laboratoires, Les taux médians respectifs de 6-TGN et de 6-MMP étaient de 270,8 pmol/8.108 GR (zone thérapeutique optimale 235-450 pmol/8.108 GR) et de 3108,6 pmol/8.108 GR (zone thérapeutique <5700 pmol/8.108 GR). 12 (75 %) patients avaient une bonne corrélation entre le taux des 6-TGN et la réponse clinique (asymptomatiques pour des doses thérapeutique de 6TGN et en poussée pour des valeurs inférieures à la normale), 6 patients (37,5%) avaient une bonne corrélation entre le taux des 6-TGN et les données endoscopiques (rémission endoscopique pour des valeurs thérapeutiques, et poussée endoscopique pour des valeurs basses), De plus, aucun cas d'hépatoxicité n'a été observé même chez les 2 patients qui avaient des taux de 6-MMP > 5,700 pmol/8 x 10 8 érythrocytes. Le dosage des 6 TGN a permis une adaptation de la posologie dans 6 cas, un arrêt de l'immunosuppression dans 4 cas, de conclure à une vrai résistance aux immunosuppresseurs et donc de switcher vers le remicade dans 4 cas et par faute de moyen vers le methotrexate dans 2 cas.

Conclusion


Bien que le rôle de ces dosages dans la pratique clinique reste controversé, ils permettent de vérifier la compliance médicamenteuse, de décider des modifications thérapeutiques plus rapidement en cas de réponse incomplète et également d'optimiser le traitement chez des malades ayant un métabolisme particulier des thiopurines favorisant la production de 6-MMP lorsque les taux de 6-TG restent bas malgré une adaptation de la posologie.