JFHOD

P.214 - Impact du genre du donneur sur la récidive tumorale après transplantation hépatique pour carcinome hépatocellulaire : résultats d’une étude rétrospective multicentrique française

R. Abdallah, F. Cauchy, G. Nkontchou, J.Y. Mabrut, L. Barbier, E. Salamé, A. Laurent, V. Paradis, F. Durand, O. Soubrane, K. Mohkam, N. Ganne-Carrié

Introduction

Si l’influence des caractéristiques tumorales sur le risque de récidive après transplantation hépatique (TH) pour carcinome hépatocellulaire (CHC) est bien établie, l’impact des caractéristiques liées au donneur (âge, genre, groupe sanguin, obésité, diabète, stéatose, biologie préopératoire, sévérité des lésions d’ischémie/reperfusion…) reste à préciser. Une étude coréenne récente a suggéré une diminution de 50% du risque de récidive après TH d’un greffon de genre féminin (GF), en particulier si le donneur est âgé de moins de 40 ans (Han et al, AnnSurg, 2018). Ces résultats acquis avec des greffons issus de donneurs vivants nécessitent d’être confirmés dans une population occidentale recevant des greffons issus de donneurs cadavériques. Ils pourraient alors permettre une optimisation de la sélection des greffons dans cette indication. Cette étude observationnelle rétrospective a donc pour but l’analyse de l’influence du genre du donneur sur le risque de récidive après TH pour CHC dans une série multicentrique française récente avec critères d’inscription sur liste homogènes. 

Matériels et méthodes

Tous les adultes ayant bénéficié d’une première TH pour CHC entre mars 2013 (date d’implémentation du score Alpha-foetoprotéine -AFP) et décembre 2016  dans 7 des 12 centres experts pré-selectionnés ayant formalisé leur accord écrit ont été inclus. Les caractéristiques des donneurs et des receveurs ont été extraites du logiciel Cristal de l’Agence de la Biomédecine et complétées grâce aux bases de données institutionnelles pré-existantes ou constituées à cette occasion. Le critère de jugement principal est la survie sans récidive (SSR). Avec un taux moyen de récidive estimé à 13% et un sexe ratio H/F attendu de 1:1, un effectif total de 380 malades est nécessaire pour montrer une diminution du risque de récidive de 50% pour les malades recevant un GF par rapport à ceux recevant un greffon hépatique de genre masculin (GM) avec une puissance de 90%.

Résultats

Nous présentons ici les premiers résultats obtenus sur 4 des 7 centres participants. Cette analyse intermédiaire porte sur 367 malades (âge moyen 58,9 ans ; 313 hommes , 54 femmes) recevant 175 GF et 192 GM. Après un suivi médian de 37,7 mois, une récidive a été observée chez 51 (13,9%) malades, sans différence significative selon le genre du greffon reçu (13,1% vs. 14,6%, pour GF et GM respectivement, p=0,690). Les SSR à 1, 3 et 5 ans n’étaient pas significativement différentes pour les malades recevant un GF ou un GM (95,8% ; 86,9% ; 82,0% vs. 91,5% ; 83,9% ; 80,9% ; p=0,519). Les taux de récidive n’étaient pas significativement différents pour les malades recevant des GF ou GM âgés de plus ou moins 40 ans (18,5% ; 12,2% ; 7,9% ; 16,4% ; p=0,422), ni pour les femmes (14,8% vs. 11,3% ; p=0,685) et les hommes (12,8% vs. 15,2% ; p=0,557) recevant un GF ou un GM. En analyse multivariée, le groupe sanguin AB du donneur (p<0,001), et un taux sérique de GGT du donneur supérieur à 100 UI/ml (p=0,006) étaient les seules caractéristiques du donneur indépendamment associées à un risque accru de récidive, les caractéristiques tumorales en particulier le taux sérique d’AFP et le statut Milan n'étant pas selectionnées par le modèle.

Discussion

Conclusion

Chez les patients transplantés pour CHC avec des donneurs cadavériques, le genre du donneur ne semble pas influencer le risque de récidive après TH pour CHC. Les résultats définitifs sur les 7 centres participants seront disponibles lors de la présentation de cette étude.

Remerciements

Remerciements : Dr Mario ALTIERI (Caen)