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CO.014 - Impact du syndrome métabolique et de la NAFLD dans le traitement par radiofréquence percutanée multibipolaire du carcinome hépatocellulaire

T.T.N. Nguyen, A. Rode, H. Trillaud, C. Aubé, A.F. Manichon, A. Paisant, T. Dao, N. Ganne-Carrié, L. Blaise, F. Cauchy, O. Seror, J.C. Nault

Introduction

Certaines études suggèrent que la stéatopathie dysmétabolique (NAFLD) et le syndrome métabolique sont associés à un risque de complications plus élevé après résection ou transplantation hépatique pour carcinome hépatocellulaire (CHC). A l’inverse, les données disponibles concernant le pronostic de la radiofréquence percutanée en particulier en technique multibipolaire (RFMBP) comme traitement curatif chez ces patients restent très limitées. L’objectif de cette étude est de comparer l’efficacité et la tolérance de la RFMBP dans le traitement du CHC sur NAFLD.

Patients et Methodes

Les patients ayant eu un CHC dans les critères de Milan traités par RFMBP entre 2008 et 2018 dans 4 centres tertiaires français et naïfs de tout traitement antérieur ont été inclus de manière rétrospective. Les variables cliniques incluant l’étiologie et le syndrome métabolique, biologiques et radiologiques ont été recueillies avant le traitement percutané. Un modèle de Kaplan-Meier avec test du log-rank ainsi qu’une analyse uni- puis multivariée selon le modèle de Cox ont été réalisés pour déterminer les variables associées aux complications, à la récidive tumorale et à la survie globale.

Résultats

520 patients ont été inclus avec un âge médian de 66 ans dont 82% d’homme. 95% avaient une cirrhose classée Child-Pugh A dans 89% des cas. 81% avaient un CHC unique avec 67% de CHC de moins de 3 cm. 390 patients (75%) avaient au moins un élément du syndrome métabolique incluant 40% d’obésité. 62 patients (12.6%) avaient un CHC développé sur NAFLD pure, 225 patients (45.5%) avaient une consommation chronique excessive d’alcool sans hépatopathie virale, 36 patients (7.3%) une hépatite B chronique et 171 patients (34.6%) une hépatite C chronique. Toutes ces étiologies pouvaient être associées à la présence d’éléments du syndrome métabolique.

 

Les patients du groupe NALFD pure étaient significativement plus âgés (72.6 ans, p < 0.0001), plus obèses (55%, p<0.0001) avec une proportion plus élevée d’éléments du syndrome métabolique (p<0.0001), de cardiopathie ischémique (17.7%, p=0.017) et de varices œsophagiennes grade II-III (39.3%, p=0,004).  Il n’y avait pas de différence significative entre les étiologies en termes de complications (7% de complications majeures dans le groupe NAFLD pure contre 3% dans les autres groupes p=0.2) et du nombre de séances pour obtenir une ablation complète (p=0.1797).  

 

Dans la série globale, la survie globale médiane était de 66.5 mois avec une survie à 1, 3 et 5 ans de 94%, 74% et 56%. En analyse multivariée, l’âge > 65 ans (HR=1.03, IC95%:1.02-1.05, p=0.00008), le Child Pugh B/C (HR=2.2, IC95%:1.39-3.53, p=0.0008), le taux de GGT (HR=1.71, IC95%:1.13-2.6, p=0.01), le taux de PAL (HR=1.5, IC95%:1.09-2.08, p=0.01) étaient indépendamment associés au risque de décès. La médiane de survie globale était de 79 mois dans le groupe NAFLD pure sans différence significative par rapport aux autres étiologies (66 mois, p=0.45). Dans la série globale, la récidive tumorale à 1, 3 et 5 ans était respectivement de 25%, 61% et 77 % (médiane 25.3 mois). La présence d’une cirrhose était le seul facteur indépendamment associé au risque de récidive tumorale globale en analyse multivariée (HR=2.63, IC95%:1.28-5.38, p=0.008). Aucune différence significative n’a été trouvée entre les différentes étiologies en termes de médiane de récidive tumorale globale (médiane 22 mois pour les NAFLD pure vs 26 mois pour les autres étiologies, p=0.54). De plus, les éléments du syndrome métabolique ensemble ou pris séparément n’avaient pas d’impact sur le risque de complications, ni sur le nombre de séances pour obtenir une ablation complète ni sur le risque de récidive tumorale globale, locale et à distance ainsi que sur la survie globale.

Discussion

Conclusion

La RFMBP percutanée chez les patients avec un CHC sur NAFLD ou ayant un syndrome métabolique est associée à une survie globale prolongée sans augmentation du risque de complications post-traitements. L’augmentation prévisible de l’incidence du CHC sur NAFLD fait de la RFMBP un futur traitement efficace et sûr largement utilisable chez ces patients.

Remerciements