JFHOD

P.258 - Impact du traitement par entécavir sur l’évolution de l’hépatopathie chronique B

I. Akkari, I. Jemni, R. Kallel, S. Mrabet, E. Ben Jazia

Introduction

Le traitement de l’hépatite virale B a connu des progrès importants ces dernières années, surtout après l’avènement des analogues nucléosidiquesdont l’entécavir, permettant une suppression virale optimale avec une barrière génétique élevée. Les données actuelles concernant l'efficacité  des traitements anti-HVB et en particulier l’entécavir, dans notre population sont limitées. Le but de ce travail est d’évaluer l’efficacité de l’Entécavir et son ’impact du sur le cours évolutif de l’ hépatopathie chronique B

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude rétrospective menée de 1999 à 2016, incluant tous les patients ayant une hépatopathie chronique B quel que soit son stade traités par entécavir pendant une durée d’au moins de un an. Ont été  exclu les cas avec un carcinome hépatocellulaire au moment du diagnostic et  les co-infections VHB-VHC  et  VHB-VIH. Des données cliniques, biologiques, virologiques et histologiques ont été collectées et analysées par la suite par le Logiciel SPSS (p significatif < 0.05).

Résultats

Il s’agissait de 67 patients dont 76.1% des hommes .l’âge moyen au moment du diagnostic était de 39 ans, et au moment du traitement était de 44.8 ans. La durée moyenne de suivi sous Entécavir était de 44.9 mois [12-96 mois]. La répartition de l’hépatopathie chronique était la suivante : 19 cas de cirrhose compensée, 12 cas de cirrhose décompensée et 36 cas d’hépatite B chronique. La majorité des patients (82.1%) hébergeait  un virus mutant. Pour l’hépatite B chronique,  aucun cas de progression vers une cirrhose, CHC ou de décès lié aux complications de l’hépatopathie chronique n’a été noté. Une baisse statistiquement significative des scores non invasif de la fibrose a été constaté durant le suivi: score APRI avant le traitement et en fin de suivi (p=0.012) et FIB-4 avant le traitement et à un an (p=0.00). Parmi les 31 patients cirrhotiques, six  ont présenté des complications liées à l’hépatopathie chronique dont 2 décédés. Cependant, l’évaluation des scores pronostiques avant et après traitement  a montré une stabilisation voir amélioration du score du Child dans 90,3% des patients (p=0.014) et une baisse statistiquement significative du score MELD chez 70 % des patients (p=0.002).

Une réponse biochimique à un an de traitement a été observée dans 82.1% des patients de façon comparable entre les 3 stades de l’hépatopathie chronique (p=0.169). La réponse virologique primaire était observée chez 80.1% des patients, avec une de charge virale indétectable à 3 mois de traitement chez 46.3% des malades. Une réponse virologique à un an de traitement était notée dans 65% des cas. Seuls 9 patients (14.5%) avaient présenté un échappement dont 2 étaient jugulés par la prescription de ténofovir.

La présence d’une réponse virologique à S48 de traitement était significativement corrélée à une plus longue survie sans complications de l’hépatopathie chronique (p=0.001), un moindre risque de décompensations oedémato-ascitiques (p=0.049) et une amélioration de la survie globale selon les courbes de Kaplan Meyer.

Discussion

Conclusion

L’infection chronique par le VHB demeure un problème de santé publique. L’efficacité presque constante de l’entécavir en termes de virosuppression et sa forte barrière génétique font de l’entécavir une option thérapeutique de première ligne.

Remerciements