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CO.088 - Impact pronostique des variations précoces de l’ADN circulant en première ligne du cancer colorectal métastatique

A. Gangloff, M. Dutherage, D. Sefrioui, L. Beaussire, V. Blondin, C. Elie, A.M. Queuniet, K. Bouhier-Leporrier, A.L. Bignon, T. Frébourg, P. Michel, N. Sarafan-Vasseur, F. Di Fiore

Introduction

Dans le cancer colorectal métastatique (CCRm), l’évaluation d’une chimiothérapie (CT) repose sur un examen d’imagerie avant et après 2-3 mois de traitement.

L’étude des marqueurs tumoraux circulants tels que l’ADN circulant total (ADNtot), l’ADN tumoral circulant (ADNtc) constituerait une approche innovante afin d’envisager un ajustement thérapeutique précoce.

L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’association entre les variations précoces de l’ADNtc, ADNtot et de l’ACE, la réponse radiologique à 3 mois (M3) et les données de survie chez les patients traités en première ligne (L1) du CCRm.

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude prospective multicentrique incluant les patients traités en L1 pour un CCRm histologiquement prouvé, mesurable selon les critères RECIST 1.1, par CT +/- thérapie ciblée de juillet 2016 à février 2019. Des prélèvements sanguins ont été réalisés avant les cycles de chimiothérapie 1, 2, 3 et à 3 mois pour le dosage de l’ADNtot, de l’ADNtc et de l’ACE. La détection de l’ADNtc a été réalisée par Droplet Digital™ PCR (Bio-Rad QX200™). La détection de l’ADNtot a été réalisée par fluorimétrie par le Quant-iT™ PicoGreen® dsDNA High Sensitivity (Molecular Probes®).  L’objectif principal était de déterminer une valeur de variation précoce du taux d’ADNtot comme marqueur précoce prédictif de la réponse objective à M3. Les objectifs secondaires étaient d’estimer la sensibilité (Se) et la spécificité (Sp) des variations précoces du taux d’ADNtc pour la réponse à M3 et d’étudier les corrélations entre les variations précoces des marqueurs, la survie sans progression (SSP) et la survie globale (SG)

Résultats

Au total, 70 patients ont été inclus, traités par bi-CT pour 48 (68,6 %), tri-chimiothérapie pour 14 (20 %), par mono-chimiothérapie pour 8 patients (11,4%) et en association avec une thérapie ciblée (anti-VEGF ou anti-EGFR) pour 46/70 (65.7%) des patients, Aucun patient (0/58) dont le phénotype RER était connu ne présentait un statut MSI. Respectivement, 38 (55,9 %) et 7 (10,3 %) patients présentaient une mutation somatique de RAS ou BRAF. Les SSP et SG médianes étaient respectivement de 9,2 mois (1,1-34) et 27,1 mois (1,1-36,5).

Un taux faible d’ADNtot et d’ADNtc à C1 (selon la médiane) était significativement associé à une survie prolongée avec respectivement des SSP médianes de 13,1 vs 5,7 mois (p<0,0001) et 13,1 vs 7,5 mois, (p=0,03) et des SG médianes de NA vs 17,7 mois (p=0,0005) et NA vs 17 ,7 mois (p=0,04).

Une diminution précoce de l’ADNtc entre C1 et C3 inférieure à la variation médiane de la population (87%), était associée à la progression avec une sensibilité de 100%, une spécificité de 57% et une VPN de 100%.

Une diminution précoce de l’ADNtc entre C1 et C3 supérieure à la variation médiane de la population (87%), était associée et à un allongement de la SSP, à 11,8 vs 6,7 mois (p=0,007, figure 1), de même que la cinétique de l’ADN tc calculée à partir des dosages réalisés à C1, C2 et C3 (11,8 vs 6,7 mois, p=0.0007)

L’ACE à l’inclusion et ses variations précoces n’étaient pas associés aux données de survie.

Discussion

Conclusion

Sur la base d’une étude prospective, nos résultats confirment la valeur pronostique des valeurs de baseline et des variations précoces de l’ADN circulant dans le CCRm. Le monitoring précoce (C1-C3) de l’ADNtc apparaît comme un marqueur fiable pour envisager de tester de manière précoce de nouvelles stratégies thérapeutiques (intensification vs désescalade) en L1 du CCRm.

Remerciements