JFHOD

P2 - Incidence de la glomérulonéphrite par dépôts mésangiaux d'igA dans l'hépatite alcoolique aiguê et rôle de la perméabilité digestive;

Diaz Emmanuel, Diaz E, Ianculovici O, Hollebecque Antoine, Copin MC, Gosselin B, Dubard AE, Catala P, Cassagnou M, Lion A, Plane C
Introduction

Chez les patients éthyliques, la glomérulonéphrite par dépôts mésangiaux d'IgA (GnIgA) est fréquente (1). Plusieurs auteurs suggèrent le rôle de l'augmentation de la perméabilité digestive (2). Dans l'Hépatite Alcoolique Sévère (HAS), l'hyper-IgA sérique est fréquente et le recours à la Ponction Biopsie Hépatique par voie trans-jugulaire (PBH), systématique, rendant accessible la Ponction Biopsie Rénale (PBR) dans le même temps. Le but a été de connaître l'incidence de la GnIgA chez les patients ayant une HAS et d'évaluer leur perméabilité intestinale par un test au D Xylose.
 

Patients et Méthodes

Chaque patient avec une HAS a eu une PBH et une PBR. La recherche de dépôts mésangiaux d'IgA était systématique. L'HAS était définie par une consommation excessive d'alcool, un ictère, l'absence d'hépatopathies associées, l'absence d'autres facteurs de décompensation et un score de Maddrey ( (TQpatient - TQtémoin) x 4.6 + bilirubine (µmol) /17) supérieur à 32. Tous bénéficiaient d'un bilan infectieux, d'une analyse du sédiment urinaire, d'une protéinurie sur 24 heures, d'un dosage des IgA et d'un test au D Xylose. Les patients étaient traités par corticoïdes et la réponse était définie par une diminution de la bilirubine à J7. L'analyse a utilisé les tests de Mann-Whitney et Kolmogorov-Smirnov.
 

Résultats

19 patients ont été inclus, 7 femmes et 12 hommes, avec un Maddrey moyen à 51,9 (32,1-90,4). 17 PBR étaient contributives (89,5 %). Nous avons étudié les patients ayant une PBR contributive, soit 17 patients. Il s'agissait de 5 femmes (29,4 %) et 12 hommes (70,6 %). Quatre hématuries post-PBR, d'évolution favorable, ont été décrites. En moyenne, l'âge était de 52,8 ans, la bilirubine à J0 à 172 µmol/l, le TP à 46 %, le Maddrey à 52,7 et les patients étaient C10 au score de Child. Une résistance à la corticothérapie était observée chez 2 patients (12 %). Sur les 17 PBR contributives, 13 GnIgA étaient diagnostiquées (76,5 %). La xylosémie à 2 heures était en moyenne à 2627,2 µmol/l (N = 2000-5000). Elle était à 2702,7 dans le groupe sans GnIgA vs 2604 dans le groupe avec GnIgA, cette différence n'étant pas significative (p = 0,83). Il n'existait pas de différence significative entre les deux groupes en terme d'âge (53,2 vs 52,6), de Maddrey (54,7 vs 51,1), de Child (10,2 vs 10), de taux sérique d'albumine (22,2 vs 26,5), de TP (46,7 vs 44,8), de protéinurie (0,11 vs 0,96) et de pourcentage d'hématurie (25 % vs 15 %). La diminution de la bilirubine à J7 n'était pas significative (-129.2 vs -39.5, p = 0,1). Le taux d'IgA sérique (5,47 vs 8,11) était à la limite de la significativité (p = 0,06). Seule, la bilirubine à J0 montrait une différence significative (172,9 vs 92,5, p = 0,04).
 

Conclusion

L'incidence de la GnIgA est de 76,5 % dans l'HAS. Notre étude n'a pas permis de montrer un lien entre GnIgA et augmentation de la perméabilité digestive. L'évolution des patients sans GnIgA semble plus favorable, nous incitant à poursuivre ce travail.