JFHOD

P.470 - Incidence du syndrome de l’intestin irritable post-infectieux après une épidémie de cryptosporidiose à C. hominis dans une population de jeunes adultes militaires immunocompétents

L. Gan, D. Costa, L. Holterbach, C. Bayama, C. Tong, P. Rey, V. Pommier de Santi

Introduction

En 2017, une épidémie de gastroentérite aiguë à Cryptosporidium hominis est survenue au cours d’un camp militaire en France, par contamination des réseaux d’eau destinée à la consommation humaine. Peu d’études ont encore précisé l’implication de ce parasite dans l’apparition d’un syndrome de l’intestin irritable post-infectieux.

Patients et Methodes

Il s'agit d'une étude de cohorte prospective menée entre juin 2017 et janvier 2019 auprès de militaires de moins de 40 ans immunocompétents ayant présenté une gastro-entérite aiguë (GEA) au cours d’un camp d'entrainement. Le protocole de suivi était une consultation médicale à 3 mois de l’épidémie initiale, puis un rappel téléphonique des personnels symptomatiques à 18 mois par un médecin. L’objectif principal était d’évaluer la survenue d'un syndrome de l'intestin irritable post-infectieux (SII-PI), défini selon les critères de Rome IV. Les objectifs secondaires étaient d’évaluer la persistance de symptômes à distance de la GEA et d’évaluer l’excrétion d’oocystes de C. hominis

Résultats

141 personnels ont été revus à 3 mois de l’épidémie initiale, parmi lesquels 13 présentaient des signes digestifs persistants dont deux suspects de SII-PI. A 18 mois, 5 patients étaient toujours symptomatiques dont 3 compatibles avec un SII-PI. Les symptômes les plus fréquents étaient respectivement à 3 et 18 mois une accélération du transit (46 % et 80 %), une modification de l’aspect des selles (39 et 100 %) et des douleurs abdominales (31 et 60 %). Etaient associés à la survenue d’un SII-PI et à la persistance de signes cliniques à 18 mois le sexe féminin (p<0,001) et le nombre de selles par jour initial (p=0,13 et p=0,029). La durée moyenne des symptômes initiaux était significativement plus élevée dans le groupe des symptomatiques à 18 mois (p=0,048) mais ne l’était pas dans le groupe SII-PI. 

Discussion

Conclusion

A 18 mois, 2 % des patients de la cohorte présentaient des signes cliniques compatibles avec un SII-PI après une GEA à C. hominis et 3,6 % décrivaient une persistance de signes digestifs. 

Remerciements