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CO.059 - Infection à Helicobacter pylori : quelle évolution des pratiques de prescription entre 2015 et 2018 ?

S. Leclerc, V. Lindecker-Cournil, M.H. Rodde-Dunet, J.D. de Korwin

Introduction

En juin 2017, la Haute Autorité de Santé (HAS) et le Conseil national Professionnel d’hépato-gastro-entérologie (CNP-HGE) ont produit deux fiches Pertinence pour les professionnels de santé sur le diagnostic et le traitement de l’infection à Helicobacter pylori (H. pylori). Dans le cadre de ces travaux, une analyse des pratiques des professionnels avait été réalisée à partir des données 2015 des bases LPD (Longitudinal Patient Data) et du SNIIRAM. La HAS et le CNP-HGE ont souhaité qu’un suivi des pratiques soit réalisé. Dans cet objectif, une nouvelle analyse de la base LPD a été réalisée sur les années 2015 et 2018.

Matériels et méthodes

Ont été extraits des données 2015 et 2018 les patients suivis en ville par des médecins généralistes (MG) ou des hépato-gastro-entérologues (HGE) avec un code diagnostic d’infection à H. pylori. Seuls les patients n’ayant jamais eu de diagnostic H. pylori ont été sélectionnés. Ont été analysés l’âge et le sexe des patients, la prescription de test respiratoire à l’urée marquée (TRUM), les prescriptions médicamenteuses.

Résultats

Au total, 36 106 patients ont été vus pour un diagnostic de H. pylori par un HGE en 2018 (vs 33 492 en 2015) et 94 496 par un MG en 2018 (vs 87 067 en 2015), soit une augmentation de 7% entre 2015 et 2018. Les patients étaient majoritairement des femmes (56%) d’âge moyen 50 ans. En 2018, la quadrithérapie bismuthée était le traitement le plus prescrit en 1ère ligne par les HGE et les MG (respectivement 75,8% et 58,2% des patients ayant eu une prescription médicamenteuse), plus souvent prescrite en 2018 qu’en 2015 (croissance de 12% chez les HGE et de 55% chez les MG) ; Pylera® était prescrit sans IPP chez 4% des patients suivis par les HGE et 8% par les MG. La quadrithérapie non bismuthée était moins souvent prescrite en 1ère ligne en 2018 qu’en 2015 chez les HGE et les MG (diminution respective de 18,2% et 23,8%), avec une durée moyenne de 12 jours chez les HGE et de 10 jours chez les MG. La prescription de trithérapie associant amoxilline+clarithromycine+IPP en 1ère ligne diminuait chez les HGE et les MG ne concernant en 2018, que 0,9% et 6,7% des patients ayant eu une prescription médicamenteuse.

Après quadrithérapie bismuthée ou non bismuthée, plus de 90% des patients suivis par les HGE  (96 ,1% en 2018) et les MG (94,3% en 2018) ne recevaient pas d’autres traitements dans les 6 mois suivants.

Le renouvellement à l’identique de la primo-prescription concernait respectivement en 2015 et 2018, 1,2% et 0,3% des patients suivis par les HGE, 3,3% et 2,6% des ceux suivis par les MG.

Une prescription de TRUM était réalisée jusque 6 mois après la primo-prescription pour 64% des patients suivis par le HGE et environ 40% de ceux suivis par les MG quelle que soit l’année.

Discussion

Cette étude a montré une augmentation des prescriptions de quadrithérapie bismuthée entre 2015 et 2018 aux dépends des autres thérapies. L’absence de 2ème traitement dans 90% de cas ou plus ne permet pas d’établir l’efficacité des traitements, compte tenu du nombre de prescriptions de TRUM. Les résultats doivent être interprétés au regard des limites de la base LPD  et notamment l’absence de résultat des tests diagnostiques.

Conclusion

Les données analysées montrent qu’il est nécessaire de continuer à diffuser les messages Pertinence sur les modalités de traitement de H. pylori et sur l’importance de contrôler l’éradication. Une analyse du SNIIRAM permettra de compléter ces données.

Remerciements