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CO.093 - Infections à bactéries multirésistantes chez les transplantés hépatiques : facteurs prédictifs et impact sur le pronostic

J. Fatseas, M. Gelu-Simeon, B. Patricia, V. Cailliez, S.C. Sacleux, G. Pittau, D. Samuel, P. Ichai, R. Adam, F. Saliba

Introduction

La population de transplantés hépatiques est à haut risque d’événements infectieux notamment bactériens avec une augmentation de la morbimortalité précoce dans les premiers mois après transplantation hépatique (TH). La multirésistance bactérienne aux antibiotiques est en augmentation rapide mais dépend du centre et du pays. Les facteurs de risque d’infections à bactéries multirésistantes (BMR) de cette population sont peu connus. Les données disponibles sont spécifiques d’un germe ou d’une épidémiologie.

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude rétrospective, observationnelle, mono centrique, réalisée de 2014 à 2017. Tous les patients transplantés durant cette période étaient inclus. La prise en charge était protocolée et les critères d’infection bien définis.  L’objectif principal était d’évaluer la mortalité des infections à BMR dans l’année après la TH. Les objectifs secondaires étaient d’évaluer la morbidité (durées d’hospitalisations) ainsi que les facteurs de risque associés à ces infections. Nous avons aussi étudié l’épidémiologie locale.

Résultats

403 patients transplantés d’âge moyen 51,4 ± 14,7 ans dont 65,3% étaient des hommes, étaient recrutés dans l’étude. 147 patients (36,5%) ont développé au moins un épisode infectieux, 50 (12,4%) sont infectés par au moins une BMR (80% de BLSE, 72% de Carbapénémases et 1,4% de SARM). Le délai médian de survenu du premier épisode infectieux était de 15 jours.La survie à 1 an des patients « Infectés à BMR » était significativement plus faible que celle des « non infectés à BMR » (non BMR et non infectés), respectivement (76% vs. 96% ; p<0,0001). Dans l’analyse multivariée, le critère « infecté à BMR » était très significativement associé à la mortalité à 1 an (OR = 3,49, [IC 95% 1,48;8,23], p=0,004). L’infection à BMR était significativement associée à un allongement de la durée d’hospitalisation en réanimation (34,1 ± 40,3 vs 10,2 ± 11,6 ; p=0,0001) mais pas de la durée d’hospitalisation en service conventionnel (18,2 ± 16,2 vs 15,3 ± 8,5 ; p=0,21). En analyse multivariée, les facteurs de risque d’infection à BMR sont la colonisation à BMR (OR=5,38 [IC 95% 2,83 ; 10,22], p< 0,0001), l’encéphalopathie hépatique pré-greffe (OR = 2,58, [IC95% 1,01-6,53], p=0,046) et la reprise chirurgicale en post-greffe (OR = 2,32, [IC95% 1,20-4,48], p=0,012).

Discussion

Conclusion

La survenue d’une infection à BMR impacte fortement la mortalité à 1 an après TH. La colonisation à BMR préalablement à la greffe, l’encéphalopathie/coma hépatique en pré greffe et la reprise chirurgicale après transplantation étaient des facteurs majeurs de développement d’une infection à BMR en post-greffe. Elle encourage le dépistage systématique du portage à BMR et au plus grand respect des règles d’hygiènes et de bonnes pratiques d’antibiothérapie.

Remerciements