JFHOD

P.369 - Infliximab versus vedolizumab après échec d'un anti-TNFα sous-cutané dans la rectocolite hémorragique

M. Hupé, P. Rivière, S. Nancey, X. Roblin, R. Altwegg, J. Filippi, M. Fumery, G. Bouguen, L. Peyrin-Biroulet, A. Bourreille, L. Caillo, M. Simon, D. Laharie, F. Goutorbe

Introduction

Nous manquons de données pour choisir une biothérapie en deuxième ligne  du traitement de la recto-colite hémorragique (RCH). L’objectif de cette étude était de comparer l’efficacité de l’infliximab (IFX) à celle du védolizumab (VDZ) chez les patients atteints de RCH en échec d’un premier anti-TNF sous-cutané.

Patients et Methodes

Nous avons conduit une étude rétrospective, multicentrique (12 centres tertiaires à l'échelle nationale) incluant tous les patients atteints de RCH ayant débuté un traitement par IFX ou VDZ depuis 2009, après avoir reçu au moins une injection d’adalimumab ou de golimumab pour cette indication. La date d’inclusion correspondait à la première administration d’IFX ou de VDZ. Les objectifs étaient de comparer les taux de rémission clinique (définie par un score de Mayo partiel ≤ 1) à la semaine 14, la survie sans arrêt de traitement, la survie sans évènement majeur lié à la RCH (arrêt du traitement, colectomie, colite aiguë grave ou hospitalisation pour la RCH) et la tolérance.

Résultats

Parmi les 225 patients inclus, 154 (68%) ont reçu de l’IFX et 71 (32%) du VDZ. A la semaine 14, une rémission clinique était obtenue chez 40 (26%) patients traités par IFX et chez 35 (49%) traités par VDZ (p<0,01; odds ratio : 2,77; intervalle de confiance à 95 % (IC95%) : 1,54-4,99). En analyse multivariée après ajustement sur les critères de gravité et les données cliniques pertinentes telles que la raison de l’arrêt de l’anti-TNF sous-cutané, OR = 2.58 IC95% [0.78-8.83], p=0.12. Avec une durée de suivi médiane de 115 (55-165) mois, les taux de survie sans arrêt de traitement à 1 et 3 ans étaient respectivement de 86% et 69% dans le groupe IFX et 97% et 91% dans le groupe VDZ (p<0,001). Les taux de survie sans évènement majeur lié à la RCH à 1 et 3 ans était respectivement de 85% et 68% dans le groupe IFX et  93%, 87% dans le groupe VDZ (p<0,01). Parmi les 26 patients (12%) ayant développé au moins un évènement indésirable, les 5 évènements graves (1 infection à Clostridium difficile, 1 neutropénie fébrile et 1 pneumopathie infectieuse, 1 pneumopathie d’hypersensibilité et 1 sarcoïdose) étaient tous observés dans le groupe IFX (p=0,29).

Discussion

Conclusion

Après échec d’un premier anti-TNF sous-cutané en traitement de la RCH, le VDZ est plus efficace que l’IFX en termes de rémission clinique à la semaine 14, de persistance du traitement et de survie sans évènement majeur en lien avec la maladie. Ces résultats devront être confirmés par des essais prospectifs comparant les deux molécules.

Remerciements