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C.120 - Injection de cellules souches mésenchymateuses dans des fistules anales complexes de la maladie de Crohn : résultats préliminaires en vraie vie

N. Fathallah, L. Siproudhis, M. Akaffou, A. Landemaine, E. Pommaret, L. Spindler, C. Brochard, G. Bouguen, V. de Parades

Introduction

Les injections de cellules souches mésenchymateuses (CSM) allogéniques d’origine adipocytaire (Alofisel) ont l’AMM dans le traitement des fistules anales complexes de la maladie de Crohn (FAC) en échec de biothérapie. Cependant, les données disponibles sont peu nombreuses. Le but du travail était d’évaluer l’efficacité en vraie vie en s’appuyant sur des critères rigoureux de sélection et d’efficacité.

Patients et Methodes

Le traitement a été proposé à 47 patients consécutifs de deux centres français : 46 adultes (F/H : 23/23 âgés de 37 ± 13 ans) souffrant d’une FAC drainée et en échec de biothérapie étaient évaluables. Les anciennetés de la maladie de Crohn et de la suppuration anale étaient respectivement de 131 ± 114 et 82 ± 81 mois. Ils étaient tous sous biothérapie (optimisée dans 50% des cas) et en combothérapie dans 3/4 des cas. La rémission luminale complète était obtenue chez 37 patients (80%) et les autres avaient des signes d’activité légère. Un tabagisme actif était noté au moment du geste chez 12 patients (26%). Les patients avaient eu en moyenne 4 ± 2 gestes de drainage et 15 (32%) étaient en échec d’une technique d’obturation. La procédure sous anesthésie générale était standardisée (fermeture de l’orifice interne et 24 ml injectés). L’évaluation était basée sur les données anatomo-cliniques du score spécifique PDAI (perineal Disease Activity Index : de 0 à 20), la constatation de la fermeture complète ou non des orifices externes (OE) et les données IRM chez les patients ayant un suivi de plus de 6 mois.

Résultats

Les fistules étaient hautes dans tous les cas et le nombre d’OE variait entre 1 et 3. En IRM, les trajets fistuleux avaient plus d’une branche chez 31 (67%) et étaient inflammatoires chez 42 (91%) patients. Les branches avaient une extension intersphinctérienne haute (N=14, 30%), supra-lévatorienne (N=4, 7%), sous-cutanée (N=5, 11%) et/ou en fer à cheval (N=16, 35%). La longueur et le diamètre moyens des trajets fistuleux étaient de 70 ± 57mm et 7 ± 4 mm respectivement. Le dernier séton était en place depuis 7 ± 8 mois : 40 (87%) patients avaient des écoulements et 13 (28%) des douleurs modérées à importantes. Une sténose anale était notée chez 9 (20%) patients.

Le suivi moyen après injection était de 159 ± 130 jours. A la date des dernières nouvelles, il existait une amélioration franche et significative du PDAI moyen (3 ± 3 versus 6 ± 3 ; p<0,0001). Une amélioration subjective était observée chez 35 (76%) : 23 (50%) n’avaient aucun écoulement, 37 (80%) aucune douleur et 21 (46%) n’avaient ni écoulement, ni douleur, ni induration. A l’examen clinique, tous les OE étaient fermés chez 16 (35%) patients et au moins la moitié l’était chez 27 (59%) patients. Chez les 30 (65%) patients qui présentaient encore au moins un OE ouvert, les 2/3 n’avaient plus d’inflammation locale. Un seul malade a dû être redrainé et il n’a pas été noté d’évènement indésirable autre. Il existait une amélioration franche des critères IRM chez les 22 patients ayant un suivi suffisant : 12 n’avaient aucun signe inflammatoire, 10 n’avaient plus de branche secondaire et 9 n’avaient plus de trajet fistuleux visible.

Discussion

Conclusion

L’injection de CSM permet, à court terme, la fermeture de tous les OE chez un patient sur trois ayant une FAC réfractaire et une amélioration symptomatique d’une importante proportion de patients (figure). Les facteurs prédictifs de réponse seront présentés en mars 2022 après un recul suffisant et une IRM chez tous les patients.

 

 

 

Remerciements