JFHOD

P.527 - Intensification de doses d’infliximab en cas de perte de réponse avec taux résiduels thérapeutiques : jusqu’à quel seuil le proposer ?

X. Roblin, U. Kopylov, S. Paul, E. Del Tedesco, J.M. Phelip, S. Ben Horin, P. Veyrard, B. Ungar

Introduction

La perte de réponse clinique sous infliximab (IFX) est rapportée dans environ 30% des cas de patients porteurs de MICI. Chez les patients infra thérapeutiques en taux résiduel d’infliximab (TRI) et en l’absence d’anticorps (ATI), une optimisation de dose est nécessaire. Un taux thérapeutique est défini lorsque celui-ci est compris 3-7µg/ml  et les algorithmes de prise en charge en cas d’échappement proposent chez ces patients de changer de classe de traitement. Cependant, peu d’étude ont rapporté l’évolution de patients optimisés malgré des taux thérapeutiques et cherché à isoler un seuil prédictif de succès à cette optimisation. Le but de cette étude était d’évaluer l’impact des TRI sur l’efficacité de l’optimisation de dose chez des patients MICI ayant des TRI > 3 µg/ml  au moment de la perte de réponse

Patients et Methodes

Il s’agissait d’une étude rétrospective observationnelle de patients MICI sous IFX en traitement d’entretien à la dose de 5mg/kg/8S et suivis dans deux centres tertiaires entre 2013 et 2017. Les patients éligibles étaient en perte de réponse secondaire sous IFX et présentaient des taux d’IFX supérieurs à 3µg/ml. Tous les patients inclus étaient répondeurs primaires à l’IFX et ont eu à l’inclusion une intensification de dose. Etaient exclus les patients porteurs d’ATI retrouvés en technique Drug tolerant. L’activité clinique basée sur les scores cliniques (CDAI ou HBI pour maladie de Crohn(MC) ou score Mayo pour la rectocolite hémorragique (RCH)) et les taux résiduels d’IFX étaient rapportés avant intensification de doses, 6 et 12 mois après optimisation du traitement. Le critère d’analyse principal était la rémission clinique dans le suivi. Une analyse par courbe ROC était pratiquée pour isoler le seuil de TRI avant intensification de dose, prédictif d’une rémission clinique dans le suivi. 

Résultats

48 patients (31 MC, (64%)) ont été inclus dans cette étude. Vingt-trois (49%) et vingt-neuf patients (60%) étaient en rémission clinique à 6 et 12 mois respectivement après l’intensification de doses. Des TRI < 4,8µg/ml avant intensification de dose étaient significativement plus associés à l’obtention d’une rémission clinique après optimisation tant à 6 mois (AUROC=0.77, p=0.0001, 91% sensibilité, 56% spécificité) qu’à 12 mois (AUROC=0.74, p=0.001, 83% sensibilité, 53% spécificité). Les courbes de survie (Kaplan Meier) sans rechute clinique, étaient significativement plus favorables à 6 et 12 mois chez les patients ayant un TRI < 4,8 µg/ml  avant intensification (Log Rank test p=0,001 et < 0,001 respectivement). Les taux de rémission clinique à 6 et 12 mois  étaient significativement plus importants chez les patients présentant le  quartile de TRI le plus bas à l’inclusion (< 4,5 µg/ml) par rapport au second et quatrième quartile (6 mois: p=0,02 et p=0,003; 12 mois: p=0,02 et p=0,008 respectivement).

Discussion

Conclusion

Chez les patients MICI en perte de réponse sous IFX avec taux thérapeutique d’IFX > 3 µg/ml et sans ATI, une intensification de dose est significativement plus efficace si le patient avant intensification présentait des taux < 4,8 µg/ml. Ces résultats doivent modifier nos algorithmes et proposer un changement de classe plutôt qu’une intensification de dose uniquement chez les patients ayant un TRI supérieur à 4,8 µg/ml.  

Remerciements