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CO.47 - Intérêt du dosage de la calprotectine sérique dans les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin : étude prospective monocentrique

T. Di Bernardo, A. Haccourt, P. Veyrard, E. Del Tedesco, J.M. Phelip, N. Williet, S. Paul, X. Roblin

Introduction

La calprotectine fécale (CF) est le biomarqueur non vulnérant le plus performant pour le diagnostic et la surveillance des Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin (MICI). Il est un marqueur clé dans la stratégie  du « Treat To Target »(1). Cependant en pratique clinique, le prélèvement de selles apparait contraignant pour les patients(2).Le but de notre étude était d’évaluer les performances diagnostiques de la calprotectine sérique (CS) pour prédire la rémission clinique (RM) et la cicatrisation muqueuse (CM) dans les MICI.

Matériels et méthodes

Il s’agissait d’une étude prospective monocentrique. Nous avons inclus consécutivement tout patient atteint soit d’une Rectocolite Hémorragique (RCH) soit d’une Maladie de Crohn (MC). Les critères d’exclusions étaient : Un rhumatisme inflammatoire, une surinfection à Clostridium difficile, prise récente d’AINS, la grossesse, un âge<16ans, patients atteints de lésions ano-périnéales exclusives. L’objectif principal était de rechercher les valeurs prédictives de la CS pour la rémission clinique et la cicatrisation muqueuse et de la comparer aux autres biomarqueurs. En analyse secondaire, nous avons recherché une corrélation entre la CS, la CF et la Proteine C Reactive (PCR). La rémission clinique était définie pour la MC par un score CDAI< 150 et un score Mayo clinique <2 pour la RCH. La cicatrisation muqueuse était définie pour la MC par l’absence d’activité inflammatoire à l’IRM et/ou l’absence d’ulcération à la coloscopie, pour la RCH un score Mayo endoscopique entre 0 et 1. La technique d’analyse pour la CS  était réalisé par le test rapide  Bûhlmann Quantum Blue ® .

Résultats

De juin 2017 à juin 2018, 82 patients (60,2% MC ;Sex ratio H/F=0,74 ;Age moyen=42,19+/-15,4) permettant de réaliser 123 dosages de CS ont été inclus.

Sur les 123 dosages de CS, 87 (70,7%) étaient réalisés chez des patients en RC.

En ce qui concerne la prédiction de la RC, la CS présentait une Aire sous la courbe (AUC) à 67,6%, avec pour un seuil de 5,3 mg/ml une Sensibilité (Se) de 65,6%, une Spécificité (Spé) de 67,6%,

conférant des performances diagnostiques non inferieures aux autres biomarqueurs tels que la PCR(p=0,80) et la CF (p=0,42). Cette valeur prédictive était plus favorable dans la RCH que dans la MC. En ce qui concerne la prédiction de la CM, les performances diagnostiques de la CS étaient bonnes, AUC =73,4%, avec pour un seuil de 4,8mg/ml une Se de 61,9% et une Spé de 80,9%. Ces résultats étaient superposables à ceux de la PCR (p=0,48) et de la CF (p=0,23).

Il existait une corrélation entre le score endoscopique au cours de la RCH et la CS (r=0,59) plus importante qu’avec la CF (r=0,46). Aucune corrélation significative n’était rapportée entre CS et CF (r=0,16) et CS et PCR(r=0,35).

Discussion

Conclusion

Cette étude a permis de mettre en évidence que la CS est un biomarqueur prédictif de la RC et de la CM dans les MICI. Ce biomarqueur n’était pas inférieur aux autres biomarqueurs en termes de prédiction. D’autres études regroupant un plus grand nombre de patients sont nécessaires afin de confirmer dans l’avenir la place de la CS dans la prise en charge des MICI.

Remerciements