JFHOD

CO.109 - Intérêt du monitoring de l’ADN circulant chez les patients traités par chimioembolisation lipiodolée (CEL) pour un carcinome hépatocellulaire (CHC)

D. Sefrioui, V. Verdier, C. Savoye-Collet, L. Beaussire, S. Ghomadi, A. Gangloff, O. Goria, G. Riachi, H. Montialoux, L. Schwarz, J.J. Tuech, T. Frébourg, P. Michel, N. Sarafan-Vasseur, F. Di Fiore

Introduction

L’évaluation morphologique est actuellement la méthode de référence pour évaluer l’efficacité de la chimioembolisation lipiodolée (CEL) chez les patients traités pour un carcinome hépatocellulaire (CHC). L’objectif de cette étude pilote était d’évaluer l’intérêt pronostique de la détection d’ADN circulant (ADNc) chez les patients traités par CEL. 

Patients et Methodes

Un prélèvement sanguin était réalisé prospectivement chez tous les patients traités par CEL à baseline (J-1 de la procédure), à J+2 et lors de l’évaluation à 1 mois (M1). L’ADN total circulant (ADNtotc) était dosé par une méthode fluorimétrique et l’ADN tumoral circulant (ADNtc) par une méthode de PCR Digitale (dPCR) (Qx200® ddPCR system, Bio-Rad) ciblant les mutations récurrentes TERT (c.228 C>T et c.250 C>T) rapportées dans environ 50 % des CHC. Les examens d’imagerie ont été relus par un radiologue expert en aveugle des résultats biologiques. L’objectif principal était de décrire les variations d’ADNtotc et d’ADNtc autour de la procédure de CEL. Les objectifs secondaires étaient d’étudier la corrélation entre ces variations et la réponse tumorale (évaluée selon les critères mRECIST en réponse complète (RC) vs réponse partielle (RP), stabilité (S) et progression (P)) ainsi qu’avec la survie sans progression (SSP).

Résultats

Trente-huit patients ont été inclus de mars 2018 à mars 2019 avec un suivi médian de 9,1 mois. A M+1, 15/38 (39,5%) étaient en RC, 16/38 (42,1%) en RP, 6/38 (15,8%) en S et 1/38 (2,6%) en P. La médiane de SSP était de 5,9 mois. Les taux moyen d’ADNtotc à baseline, J+2 et M1 étaient respectivement de 26,0, 160,5 et 40,4 ng/ml, soit une variation significative entre baseline vs J+2 (p<0,0001) et J+2 vs M+1 (p<0,0001). Une mutation circulante de TERT a été détectée chez 20/38 (52,6%) patients à baseline (mutation c.228 C>T : 17/20 (85%) et c.250 C>T : 3/20 (15%)), 19/38 (50 %) à J+2 et 11/38 (32,3 %) à M+1. La fréquence allélique moyenne d’ADNtc était de 0,70 % à J-1, 8,83 % à J+2 et 0,34 % à M+1, soit une variation significative entre baseline vs J+2 (p=0,0002) et J+2 vs M+1 (p=0,0003). Il n’a pas été observé d’association significative entre les valeurs d’ADNtotc et d’ADNtc aux différents temps ainsi que leurs variations avec la réponse à M+1. Les facteurs significativement défavorables de SSP étaient la détection d’ADNtc à M+1 (mSSP = 3,2 mois vs 8,9 mois, p=0,04) et l’augmentation d’ADNtc entre baseline et M+1 (mSSP= 1,3 mois vs 10,1 mois, p=0,05). La présence d’ADNtc à M+1 impactait également défavorablement la SG (p=0,03). 

Discussion

Conclusion

Nos résultats suggèrent qu’il existe des variations significatives d’ADNtotc et d’ADNtc au décours de la procédure de CEL et que cette détection présente un intérêt pronostique sur la SSP et la SG. L’analyse de la variation de l’ADNtotc et de l’ADNtc pourrait être évalué pour définir la stratégie de traitement au-delà de la première CEL 

Remerciements