JFHOD

CO.160 - Intérêts diagnostique, pronostique et thérapeutique de la résection endoscopique des lésions sous-épithéliales gastriques (SELs)

M. Hélyon, A. Mulliez, C. Darcha, J. Joubert-Zakeyh, O. Rouquette, L. Poincloux

Introduction

Les lésions sous-épithéliales (SELs) gastriques représentent un challenge diagnostique et thérapeutique de par leur hétérogénéité histologique et la variabilité de leur potentiel malin. L’aspect écho-endoscopique peut être aspécifique et les biopsies écho-guidées pas toujours rentables. La surveillance endoscopique apparait peu rentable en termes de coût-efficacité et la compliance est mauvaise. L’objectif primaire de cette étude était de déterminer l’efficacité et la morbidité de la résection endoscopique des SELs gastriques < 30 mm. L’objectif secondaire était l’évaluation de la performance diagnostique de l’écho-endoscopie et des biopsies écho-guidées.

Patients et Methodes

Cette étude rétrospective monocentrique a inclus tous les patients porteurs de lésions sous- épithéliales gastriques entre 1 et 3 cm, réséquées par voie endoscopique de mai 2009 à janvier 2019, par ESD, EMR ou technique hybride. Tous les patients ont bénéficié d’une évaluation préalable par écho-endoscopie.

Résultats

33 SELs gastriques (diamètre médian 20mm) ont été réséquées chez 31 patients d’âge médian 65 ans (27-78) avec un sexe ratio à 1. La résection endoscopique était macroscopiquement complète dans 97% des cas (1 cas R2/33), réalisée dans 20 cas par ESD (62.5%), par EMR dans 9 cas (28%) et par technique hybride dans 3 cas (9.6%). La résection était monobloc dans 57% des cas et peace-meal dans 43% des cas dont la moitié en 2 pièces sur la totalité de la période. Le taux de résection par ESD était de 81.2% entre 2014 et 2019 contre 43.8% de 2009 à 2013 avec un taux de résection monobloc de 81% entre 2014 et 2019 vs 31.3% entre 2009 et 2013 (p=0.009) et un taux de résection R0 de 80% vs 43,75% entre les mêmes périodes (p=0.005). L’anatomopathologie sur pièce opératoire retrouvait une tumeur bénigne dans 56% des cas (lipome 16%, hétérotopie pancréatique 16%, leiomyome 9%, inflammation locale (gastrite kystique et hyperplasie gastrique polypoide) 12%, hamartome 3% et une tumeur à potentiel malin dans 46% des cas (GIST 41% avec diamètre médian de 22mm et faible risque de récidive dans 77% des cas et très faible risque dans 23%, TNE 3%). 8 évènements indésirables (25%) liés aux procédures ont été rapportés (4 perforations toutes traitées endoscopiquement, 2 hémorragies et 2 sepsis post-opératoires traités médicalement) avec une mortalité nulle. 15 patients ont bénéficié d’une surveillance (14 GIST + 1 TNE) avec un suivi médian de 38 mois. 3 récidives étaient notées, 2 GIST dont 1 de nouveau réséquée endoscopiquement et 1 opérée et 1 TNE avec nouvelle résection endoscopique sans nouvelle récidive dans les 3 cas. A partir de l’histologie de la pièce de résection, la précision diagnostique globale de l’échoendoscopie était de 47% (15/32 cas concordants). En revanche, elle était de 93% pour les SELs à potentiel malin. 24/33 (73%) lésions ont été biopsiées dont 14 (58%) contributives (50% des lésions biopsiées étaient < 2 cm). Le taux de biopsies contributives est passé de 50% entre 2009-2013 à 75% entre 2014-2019. 70% des biopsies contributives étaient réalisées avec une aiguille 19G. Le taux de concordance entre biopsie contributives et pièce finale était de 92%. La sensibilité et la spécificité des EUS-FNA pour le diagnostic de GIST étaient respectivement de 100% et 86%.

Discussion

Conclusion

La résection endoscopique pour les lésions sous-épithéliales gastriques < 3cm est efficace et sûre. Elle permet un diagnostic même en cas d’EUS-FNA non contributive. Elle devrait être la procédure de choix à la fois diagnostique, pronostique et thérapeutique en permettant d’éviter des surveillances inutiles souvent mal codifiées et d’éviter des gastrectomies atypiques sources d’altération de la qualité de vie.

Remerciements