JFHOD

CO.090 - Interprétation des marqueurs tumoraux dans la réponse au traitement dans la prise en charge des cancers colorectaux métastatiques

D. Salfati, T. Aparicio, O. Boussari, F.X. Caroli-Bosc, F. Audemar, C. Sarda, S. Nguyen, J. Forestier, C. Locher, M. Carreiro, J.L. Legoux, P.L. Etienne, M. Baconnier, M. Porneuf, K. Le Malicot, C. Lepage, J.M. Gornet

Introduction

Le dosage des marqueurs tumoraux, principalement celui de l’antigène carcino embryonnaire (ACE), est utilisé de longue date dans le bilan initial et le suivi sous chimiothérapie des patients atteints d’un cancer colorectal métastatique (CCRm). Bien que ce dosage soit simple, peu couteux et recueilli dans tous les essais cliniques, peu d’études se sont intéressées spécifiquement à l’impact de ce paramètre.

L’objectif de cette étude était d’évaluer la cinétique de l’ACE chez les patients traités pour CCRm en fonction de la réponse tumorale et d’évaluer la corrélation entre la cinétique de l’ACE et la survie sans progression (SSP).

Patients et Methodes

Il s’agissait d’une étude analyse des données individuelles de 488 patients porteurs d’un CCRm. Ces patients avaient précédemment été inclus dans une étude randomisée dont l’objectif était d’évaluer l’efficacité du Bevacizumab en entretien versus une surveillance simple en première ligne de traitement dans le CCRm après 6 mois d’une chimiothérapie par FOLFIRI-Bevacizumab.

Les données collectées portaient sur les caractéristiques démographiques et anamnestiques usuelles des patients et de la tumeur au diagnostic et au cours de leur suivi (âge, sexe, statut de performance OMS, Indice de masse corporel (IMC), stade TNM, siège de la tumeur primitive, résection de la tumeur primitive, antécédent de radiothérapie, antécédent de chimiothérapie adjuvante, nombre et localisation des sites métastatiques, biologie moléculaire de la tumeur, paramètres biologiques (hémoglobine, leucocytes, plaquettes, LDH, PAL, ACE, CA 19-9), protocole de chimiothérapie utilisé et réponse au traitement .

Pour l’analyse statistique, nous avons utilisé un modèle mixte à trajectoires latentes afin d’identifier des profils typiques d’évolution d’ACE depuis l’inclusion jusqu’à 9 mois plus tard et un modèle de Cox pour évaluer le lien entre la SSP et la cinétique de l’ACE. Au total 487 patients ont été inclus dans les analyses (les données d’ACE n’étaient pas disponibles chez 1 patient sur les 488 de l’étude).

Résultats

Caractérisation de la cinétique de l’ACE : 4 profils typiques d’évolution de l’ACE ont été identifiés (Figure 1). Deux profils semblent correspondre à des bons répondeurs ; l’un avec un taux d’ACE initialement élevé puis une décroissance forte et stable dans le temps (profil 1), l’autre avec un taux d’ACE bas à l’inclusion et sur le long terme (profil 2). De même, deux autres profils semblent correspondre à des mauvais répondeurs ; l’un avec un taux d’ACE moyen à l’inclusion suivi d’une décroissance à court terme puis d’une ascension rapide pour atteindre la valeur de l’inclusion (profil 3), l’autre avec un profil d’ACE très élevé initialement, une faible décroissance sur une courte période puis une réascension jusqu’au taux initial (profil 4).

 

Lien entre la SSP et la cinétique de l’ACE : Les médianes de survie sans progression (en mois) dans les groupes de patients caractérisés par les profils typiques 1, 2, 3 et 4 étaient respectivement de 11.29 [IC95% = 9.69 – 14.95], 9.87 [IC95% = 9.49 – 10.41], 7.72 [IC95% = 7.52 – 7.98] et 7.03 [IC95% = 6.14 – 7.39]. Le risque de décès ou progression était significativement plus élevé chez les patients caractérisés par le profil 3 (2.66 [IC95% = 1.74 – 4.06], p<0.001) et chez ceux caractérisés par le profil 4 (3.35 [IC95% = 2.29 – 4.91], p<0.001) relativement au risque de décès ou progression chez les patients caractérisés par le profil 1. Ce risque n’était pas significativement différent chez les patients caractérisés par les profils 1 et 2.

En terme de caractérisation des patients, selon le sexe, l’âge, le statut OMS, le nombre de sites métastatiques, les critères de Köhne, l’IMC et le CA19.9, les patients du profil 4 (à risque de progression ou décès rapide) semblaient se détacher avec un statut OMS moins bon, un pourcentage de sites métastatiques plus élevé et des critères de Köhne plus élevés.

Discussion

Conclusion

Les résultats de cette étude distinguent quatre profils de cinétique de l’ACE dans le cadre de la prise en charge du CCRm permettant de prédire la SSP.

Remerciements